Des milliers de jeunes de toute la province sont retournés à l’école secondaire ce mardi 8 septembre. Une rentrée pas comme les autres en raison de la pandémie et d’un programme éducatif hybride qui ne semble pas faire l’unanimité auprès des élèves.

Paru le 30 juillet dernier, le Guide relatif à la réouverture des écoles de l’Ontario a mis de l’avant un apprentissage en format hybride pour les élèves de la 9e à la 12e année. Au menu : des classes d’environ 15 élèves, des emplois du temps alternés et l’enseignement à distance offert pour les élèves qui le désirent, avec l’obligation toutefois d’assister à au moins 50 % des journées d’enseignement en personne. Ce modèle, prévisible en raison de la pandémie, soulève tout de même certaines inquiétudes chez les premiers concernés.

«J’ai toujours hâte de rentrer à l’école chaque année […] Mais cette année, je suis hésitante parce qu’avec tout ce qui se passe, j’ai peur de rendre quelqu’un que je connais malade ou d’être malade moi-même», déclare Fiona Labonté, élève de 11e année à l’école secondaire publique l’Héritage à Cornwall.

Obligée de quitter le programme international

Elle fait partie de la cohorte d’élèves qui a repris les cours ce mardi, mais ses parents ont préféré qu’elle suive ses cours entièrement en ligne, une option offerte par son conseil scolaire. Elle demeure sceptique face à ce nouveau modèle d’apprentissage, mais son état de santé fragile et celui de ses parents ont fait pencher la balance.

Ça veut toutefois dire que Fiona devra quitter le programme spécial qu’elle suivait, car celui-ci est seulement disponible en présentiel. «Je suis dans un programme de Baccalauréat international et j’ai travaillé fort pour y être […] Cependant, pour assurer ma sécurité et celle de mes proches, je dois quitter le programme, car je ne peux pas assister à tous mes cours en ligne», raconte Fiona, déçue. Un suivi pédagogique incertain

Ces inquiétudes sur le déroulement de la rentrée scolaire sont partagées par Jean-Philippe Bisson, élève de 10e année au Collège catholique Mer Bleue d’Ottawa. «Il semble y avoir beaucoup de mesures mises en place, mais on n’est pas trop certains dans quoi on s’embarque cette année […] C’est clair qu’on a hâte de retourner à l’école, mais on se demande si cela va vraiment durer.»

Pour faire face à cette rentrée scolaire unique, les conseils scolaires ont travaillé depuis le mois d’août sur un plan de rentrée sécuritaire. Sylvie Tremblay, directrice de l’éducation au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) affirme que le conseil est prêt pour la rentrée et estime que toutes les mesures ont été mises en place pour assurer la sécurité des élèves et des encadreurs.

«Il est important de ne pas paniquer et de ne pas avoir peur de retourner à l’école. Moi aussi, en tant que parent, je sais à quel point cette situation peut être stressante. Cependant, il faut faire confiance aux enseignants et au personnel administratif qui sont là pour vous», enjoint Mme Tremblay.

Les élèves aimeraient être tenus au courant

Outre des craintes pour leur santé, les suivis pédagogique et psychologique comptent parmi les préoccupations majeures des jeunes. Le manque d’horaire de cours, l’incertitude vis-à-vis du transport ou encore le manque d’informations n’arrange en rien la situation.

«En ce moment, les enseignants n’ont aucune idée comment me soutenir ou de comment vont se dérouler les examens parce que ce n’est pas clair», déplore Fiona Labonté. Elle espère que le succès scolaire des élèves ne sera pas mis de côté au profit d’une réouverture trop prématurée des écoles.

Les étudiants aimeraient aussi que l’école communique davantage avec eux directement, car ils sont au cœur des institutions.

«Toute l’information est communiquée aux parents et les élèves essayent de s’adapter à cette nouvelle réalité. Je pense que les écoles pourraient communiquer davantage certaines informations avec nous et non juste avec les parents», explique Jean-Philippe Bisson.

Pour le CEPEO, des supports psychologique et pédagogique sont nécessaires pour assurer l’épanouissement des jeunes. Sylvie Tremblay assure que le conseil met tout en œuvre pour favoriser le succès scolaire des élèves. Des psychologues seront à la disposition de ceux qui le souhaitent et le personnel enseignant a suivi une formation pour aider les élèves durant cette rentrée. IJLO_Rentrée atypique au secondaire_Fiona Labonté_Cr. Courtoisie.jpg IJLO_Rentrée atypique au secondaire_Jean-Philippe Bisson_Cr. Courtoisie.jpg