Par un magnifique samedi après-midi d’été, pas moins d’une cinquantaine de personnes ont répondu présent à l’appel virtuel de la Coalition des Noir.e.s francophones de l’Ontario (CNFO), qui organisait, le 1er août dernier, sa toute première conférence intercommunautaire, histoire de nouer des liens entre les différents organismes que la CNFO souhaite fédérer en son sein.

«Nous devons plus que jamais renforcer notre mission de services et unir nos efforts pour travailler ensemble pour bannir le racisme», a rappelé d’entrée de jeu la présidente de l’organisme, Julie Lutete. La CFNO a été fondée en novembre 2019, mais a dû mettre ses projets sur la glace en raison notamment de la pandémie.

La mort tragique de l’Afro-Américain George Floyd et la pandémie, qui affecte davantage les communautés plus vulnérables, ont été évoquées par la présidente pour illustrer le racisme systémique rencontré dans la société canadienne comme ailleurs.

L’union fait la force

En plus de vouloir être une voix politique, l’un des objectifs de la jeune CNFO — incorporée l’an dernier comme le rappelait son vice-président Patrick Auguste — est de regrouper l’essentiel des organismes fondés par des Noir.e.s francophones et des associations de pays d’origine africaine ou de nations noires, comme Haïti par exemple.

Quant à savoir si la CNFO s’est fixé un nombre quelconque d’adhérents pour sa première année, Mme Lutete ne risque pas un chiffre. «Je ne pourrais pas vous dire combien nous voulons avoir comme membre, mais tous sont les bienvenus.»

Le bédéiste Body Ngoy d’Ottawa a martelé l’importance de «créer une nouvelle structure qui représente tout le monde», faisant référence à l’échec de la dernière tentative d’un regroupement noir avec l’Union Provinciale des Minorités Raciales Ethnoculturelles Francophone de l’Ontario (UP-MREF) ; «un projet inachevé» selon l’artiste.

Il a également rappelé que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) voyait d’un bon œil l’arrivée d’un nouveau joueur. «L’AFO nous attend. Il nous faut dépasser nos divisions. Prenons notre place!»

La rencontre a mis en lumière la diversité de la francophonie ontarienne. Comme l’ont rappelé certains participants, l’espace franco-ontarien change et les communautés noires doivent faire le travail pour montrer leur solidarité.

Collaborer avec les autres

La CNFO souhaite favoriser le développement et l’épanouissement des communautés dans lesquelles œuvrent les Noir.e.s francophones de l’Ontario. Les dirigeants l’affirment haut et fort : la CNFO sera là pour appuyer ses membres et compte bien les faire contribuer à la prise d’espace de l’organisme.

Quant aux organismes dirigés par des Noirs, mais non fondés par des Noirs, comme le Centre francophone du grand Toronto, Julie Letete tient à préciser que des collaborations auront lieu entre le CNFO et ces partenaires potentiels.

Le conseil d’administration de la CNFO, composé de 11 membres dont neuf sont bénévoles, entend soumettre sa vision des choses lors de sa première assemblée générale, prévue en novembre. «Nous voulons donner plus de poids aux organisations qu’aux membres individuels», souligne dès maintenant le vice-président Patrick Auguste.

En guise de conclusion, la professeure et militante communautaire de la région de Toronto Marlène Thélusma Rémy, partisane de la CNFO, a enjoint les participants de la rencontre à s’investir dans l’organisme «pour changer ce monde en déclin».

BP : 1 : Julie Lutete, fondatrice de l’Auberge francophone de Toronto, est la présidente de la Coalition des Noir.e.s francophones de l’Ontario. (Crédit : Courtoisie Julie Lutete)

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