Depuis la légalisation du cannabis au Canada en octobre 2019, la Ville de Kapuskasing comme tant d’autres en Ontario a ouvert ses portes à cette nouvelle industrie qui promettait de générer des millions de dollars pour les communautés qui l’accueilleraient. L’entreprise CannAssist Canada doit s’installer non loin de la municipalité nord-ontarienne, où se trouvera une usine de culture. Un premier distributeur pourrait aussi voir le jour dans le quartier du Cercle. Il n’est pas facile de mener à terme ces projets, mais la direction de la municipalité garde espoir qu’elle pourra ajouter cette nouvelle filière à son portfolio économique.

Incertitude et espoir entourant CannAssist

Le 28 décembre 2017, Kapuskasing officialisait son entente avec l’entreprise CannAssist dans le but d’accueillir une usine de production de cannabis sur un terrain près de l’aéroport local. Après avoir reçu le feu vert de Santé Canada, la construction de l’édifice devait s’entamer l’automne suivant.

Initialement, le projet aurait facilité la création d’une centaine d’emplois à temps plein et créé des retombées économiques évaluées à 12,5 millions de dollars.

CannAssist prévoyait aussi une expansion en 2019, ce qui aurait pu augmenter la demande pour ses produits et, en conséquence, le besoin d’employés. Tout cela ne s’est jamais concrétisé puisque les travaux de construction sont repoussés année après année, faute d’avoir le financement requis selon le maire de Kapuskasing, Dave Plourde. Aux dernières nouvelles, les travaux devaient commencer à l’automne 2019.

Lueur d’espoir à Val Rita-Harty

Selon le directeur général de la Ville de Kapuskasing, Guylain Baril, la pandémie de COVID-19 a jeté des bâtons dans les roues du projet, à un tel point que les gens commencent à perdre espoir. «On a entendu au début de la crise que [la pandémie de COVID-19] compliquerait leurs voyages internationaux et que ça allait ralentir, raconte l’administrateur. Je pense qu’on perd un peu espoir que le projet de CannAssist se réalise, mais nous espérons que ce sera fait un jour. Le terrain est encore là et nous les accueillerons à bras ouverts.»

Il y a une lueur d’espoir dans le village voisin de Val Rita-Harty, où les responsables municipaux travaillent à convertir l’ancienne Église de Sainte-Rita en minicentre de culture de cannabis. Guylain Baril croit toujours qu’il est possible pour le Nord de l’Ontario de devenir une terre promise pour l’industrie, loin des grands centres urbains.

«La région entière est ouverte à cette possibilité-là. Je crois qu’on a une belle région pour ça parce qu’on a de l’espace, et ces producteurs de cannabis ne sont pas très bien accueillis dans les lieux résidentiels ou les secteurs à population dense dans le sud de l’Ontario. Ici, à Kapuskasing ou dans le Nord de la province, nous avons plein de terrains vides et abandonnés, donc des endroits idéaux pour avoir une usine qui ne dérangerait personne.»

La CAJO se penche sur l’ouverture d’un distributeur

Le directeur général de Kapuskasing estime que la possible ouverture d’un détaillant de cannabis devrait être bien accueillie puisque ce dernier serait obligé de s’installer loin des écoles et des secteurs à risque. Il y a près de deux ans, la municipalité avait choisi de prendre position en faveur des détaillants de cannabis.

La Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) se penche présentement sur une demande de permis visant à ouvrir un distributeur de cannabis dans le sous-sol des locaux du dépanneur Circle Confectionary, dans le secteur du Cercle à Kapuskasing. La période de préavis publique est terminée depuis minuit le 6 juin. Le porte-parole de la CAJO, Raymond Kahnert, indique qu’aucun commentaire n’a été reçu, permettant au projet de passer à la prochaine étape.

Il précise que l’entreprise Small Town Buds devra répondre à tous les critères si elle espère obtenir ce précieux document pour ouvrir son commerce. Aucune date n’a été fixée pour l’ouverture du détaillant et la durée du processus demeure floue.