L’organisme torontois La Maison, qui offre de l’hébergement pour femmes francophones, espère outiller les jeunes vulnérables grâce à son forum de sensibilisation virtuel qui aura lieu le samedi 27 juin prochain à 10h via la plateforme Zoom. Conçu par et pour les jeunes sur le thème «Outillez-vous contre les comportements à risque et les violences», le forum invitera plusieurs conférenciers et quelques participants de 15 à 25 ans à sensibiliser leurs pairs ainsi que la communauté francophone de l’Ontario sur des enjeux et des sujets d’actualité qui les touchent. ___________

Les ateliers prévus aborderont des thématiques aussi variées que la santé sexuelle, la prévention du VIH, la violence dans les relations intimes, les jeux de hasard et les drogues et leurs effets.

De plus, l’ancienne députée à la Chambre des communes Maria Mourani, également criminologue, sociologue et présidente-fondatrice de la firme Mourani-Criminologie, ouvrira la journée en animant une conférence-débat sur le thème du phénomène des gangs de rue.

En après-midi, le professeur en travail social au Collège Boréal Antoine Dérose représentera l’organisme Point Ancrage Jeunesse en animant une conférence-débat sur le thème du racisme et des discriminations.

Un projet mobilisateur

Le forum s’inscrit dans le cadre du projet «Mobiliser les jeunes», orchestré par La Maison. «Ce projet consiste à permettre à des jeunes de recevoir des formations sur divers sujets d’actualité, afin qu’ils montent ensuite des ateliers à présenter pendant le Forum», explique la directrice de l’organisme torontois, Jeanne Françoise Mouè.

Elle mentionne également qu’aborder ensemble des enjeux de société crée de la résilience chez les jeunes, puisque cela leur permet de mieux comprendre les problématiques difficiles que peuvent vivre certains membres de leur entourage ou qu’ils peuvent expérimenter eux-mêmes au quotidien. La Maison veut donner à ces jeunes des outils et des ressources pour mieux appréhender l’avenir.

Durant les mois qui ont précédé le Forum, ces «jeunes leaders» ont été encadrés et formés par les organismes Action Positive VIH/sida, le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), Positive Vibes T.O, la coach Jacqueline Ndayizigamiye et le YMCA of Greater Toronto Area (YMCAGTA).

Pour encourager les participants à s’engager et à mener à terme le projet, «Mobiliser les jeunes» leur fait signer un contrat. Il était donc impératif de trouver une manière de tenir le forum malgré la pandémie.

«Au départ, le forum devait être en présentiel, mais nous avons décidé de le rendre virtuel en raison de la COVID-19. Cette alternative permet aux jeunes de rester engagés, souligne Jeanne Françoise Mouè. Nous avons alors saisi l’occasion de réinventer la formule, puisque nous savions de toute manière que les jeunes auraient une grande facilité avec le virtuel puisqu’ils sont toujours sur leur cellulaire!» s’esclaffe la directrice.

Atteindre les jeunes

L’idée derrière «Mobiliser les jeunes» est venue d’une autre activité organisée par La Maison, où les jeunes participants avaient démontré de grandes forces, de la résilience et une volonté de s’engager dans leur communauté. L’ouverture aux jeunes francophones s’est ensuite faite naturellement.

Jeanne Françoise Mouè indique que certains sujets, notamment la santé sexuelle, la violence dans les relations intimes, la prévention du VIH et les drogues ne sont pas évidents à aborder pour l’entourage de ces jeunes qui vivent parfois dans un climat de tension difficile. Le projet est donc une sorte de plateforme afin que les jeunes puissent en discuter ensemble et avec des intervenants spécialisés.

La directrice de La Maison affirme que les meilleures personnes pour comprendre et parler aux jeunes, ce sont les jeunes eux-mêmes.

Même si les 15 à 25 ans sont particulièrement ciblés par l’événement de samedi, parents, enseignants et membres de la communauté franco-ontarienne sont également invités à participer. «Les parents et les enseignants doivent venir chercher l’information présentée par d’autres jeunes afin de pouvoir en discuter par la suite avec leur enfant ou leurs élèves», encourage Jeanne Françoise Mouè.