Une consultation visant à étudier les impacts économiques de la pandémie de COVID-19 sur le Nord de l’Ontario a révélé que les entreprises la vivent de façon semblable, soit difficilement. Le député néo-démocrate de la circonscription provinciale de Mushkegowuk-Baie James, Guy Bourgouin, s’est donné comme mission d’identifier les problèmes-clés afin d’aider les entrepreneurs de sa région et de fournir un rapport à Queen’s Park. ___________

Plusieurs points sur la liste de tâches

Une dizaine de participants se sont réunis par visioconférence le jeudi 4 juin pour aborder les effets sociaux, économiques et professionnels qu’a la crise sur les compagnies du corridor de l’autoroute 11. Les secteurs forestier, public, de l’éducation, du tourisme et des soins personnels étaient représentés.

Les participants ont énuméré les défis qu’ils affrontent présentement, et qui incluent la perte de revenus, l’adaptation complexe aux mesures provinciales et des difficultés à accéder à l’information sur l’aide financière gouvernementale disponible.

La directrice générale de la Commission de formation du Nord-Est (CFNE), Julie Joncas, en a profité pour faire le point sur les tendances du milieu, qui seront détaillées dans une nouvelle étude à venir d’ici une semaine.

Une centaine d’entreprises de Latchford à Hearst ont été sondées d’avril à mai afin de récolter des données. Cette initiative a révélé que les compressions se sont rapidement multipliées au début de la pandémie.

«Nos sondages ont été menés mensuellement dans chaque communauté, note Julie Joncas. En termes d’impacts [liés à la pandémie], environ 50 % des compagnies sondées ont dû réduire leurs opérations, leurs heures d’ouverture et supprimer des postes. De plus, entre 35 et 40 % d’entre elles ont été contraintes de fermer temporairement.»

Au total, environ 11 000 emplois ont été éliminés dans le Nord-Est de l’Ontario. Les pertes de revenus ont augmenté avec le temps, mais les statistiques du mois de mai laissent entendre que les entreprises croient pouvoir survivre à la première vague de la pandémie, une évaluation qu’il faudra revoir en cas de deuxième vague. Difficile de s’y retrouver

Tout comme quelques compagnies sondées par la CFNE, certains participants de la visioconférence ont dit avoir eu de la difficulté à trouver des renseignements exacts sur le processus de demande d’aide financière. L’Aide d’urgence du Canada pour loyer commercial (AUCLC) et la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) ont été particulièrement pointées du doigt.

La députée néo-démocrate fédérale d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing, Carole Hughes, indique que la Société d’aide au développement des collectivités North Claybelt (SADC North Claybelt) et la Corporation de développement économique régionale Nord-Aski (CDÉR Nord-Aski) offrent maintenant leurs services pour aider les entrepreneurs à trouver du financement.

La mairesse de Moonbeam, Nicole Fortier-Levesque, a souligné que beaucoup de résidents se demandent pourquoi il n’y a pas moins de restrictions sur le camping et le tourisme de plein air, une industrie majeure pour la petite communauté de 1200 personnes. La mairesse estime également que la limite de cinq personnes par rassemblement n’a aucun sens et nuit à la santé mentale.

Que faire après la pandémie?

Les participants à la visioconférence ont fait part de leurs inquiétudes quant au respect des directives de déconfinement mises en place par le gouvernement provincial. Ils s’inquiètent aussi des rénovations coûteuses qui seront nécessaires pour s’adapter à ces directives et du coût de l’achat d’équipement de protection personnel.

Fanny Lachance, une esthéticienne et entrepreneure de Hearst, indique que l’adaptation à une nouvelle façon de travailler sera d’autant plus difficile pour les fournisseurs de soins personnels.

George Graham, propriétaire de la firme de plantation d’arbres Thunderhouse Forest Services, espère que le gouvernement de l’Ontario collaborera avec les régions et leurs autorités locales en santé publique afin de prendre les meilleures décisions possible.