Rémi Glazer est limeur dans les moulins à scie depuis plus de 45 ans. C’est donc une passion pour le métal et les lames qui l’ont poussé naturellement vers la fabrication de couteaux. Né à St-Elzéar, au Québec, Rémi a habité la région de Hearst pendant environ 20 ans, et vit maintenant à Hornepayne. Ses premiers couteaux, ça fait déjà une trentaine d’années qu’il les a créés. Son oncle Théo de Montréal, forgeron pour Hydro Québec, a ensuite partagé des secrets avec Rémi lors d’une visite, et c’était le début d’un passe-temps qui a conduit à une série impressionnante de couteaux uniques.

Infos, trucs et astuces

  1. Rémi prend son inspiration dans des revues de couteaux et se laisse guider lors de la taille à ce qu’il trouve intéressant. Il dessine la forme sur la lame et le tout évolue, change et se précise au fur et à mesure.

  2. Ses lames Key Knife lui viennent du moulin, gratuitement. Elles seraient jetées de toute manière, ce qui aide à garder des prix raisonnables. Elles ont entre 7 et 12 pouces. Rémi les réutilise en réduisant les bonnes à l’épaisseur voulue, soit 125 millièmes pour un couteau de chasse, et 40 millièmes pour un couteau à fileter, pour que ça soit plus souple. Il a déjà fait des couteaux de cuisine, mais pas souvent. « C’est trop long à faire et ça ne coute pas cher au magasin. »

  3. Rémi a 16 meuleuses différentes dans son garage, certaines achetées, d’autres « patentées » au gré de ses besoins.

  4. Les étapes : amincir la lame au moulin, la dessiner et à l’aide d’une ponceuse à main (hand grinder) et d’une roue de coupe (cutting wheel), la tailler en forme grossière. Au touret (bench grinder), M. Glazer la meule et enlève les bosses. Une fois la forme désirée obtenue, il passe d’une meule à l’autre pour finaliser. Pour une lame chromée à l’effet miroir, il se sert de meules de coton à diverses rigidités avec différentes masses de meulage avec abrasifs (compound).
  5. Le chromé, c’est beau, mais c’est très long à faire et ça se salit plus facilement.

  6. Étant donné que Rémi se sert de lames déjà mélangées et trempées, il n’a pas à répéter cette étape.

  7. Les manches sont faits de toutes sortes de bois et de matériaux, par exemple de la corne d’orignal, du bois exotique ou d’ici, comme le frêne blanc, l’érable piqué, de la racine d’érable de la Gaspésie, de l’amélanche (Saskatoon berries), ou encore de matériaux synthétiques tel que de la toile pressée.

  8. Ils sont soit fabriqués en deux morceaux fixés à une extension du manche avec des rivets, ou encore en une pièce creusée et collée avec de la colle époxy.

  9. M. Glazer réutilise les matériaux comme il peut. « Les rivets, c’est souvent de la broche de lignes téléphoniques. Les gros fils, c’est 25-30 brins d’aluminium entortillés qui fait un câble, mais chaque broche a à peu près 3/16 d’épaisseur. C’est mou et ça s’écrase bien. »

  10. La garde entre le manche et la lame protège la main en empêchant qu’elle glisse. Elle est parfois faite en morceaux séparés et fixés.

  11. Les matériaux sont toujours en acier inoxydable pour éviter que ça rouille. L’aluminium aussi fonctionne et est facile à travailler, mais ne reste pas beau longtemps.

  12. Pour chaque couteau, un étui est conçu sur mesure; il n’y en a pas deux pareils.

  13. Le cuir est épais et les rivets sont solides. Pour la couture autour, comme ça peut facilement être ½ pouce d’épais, Rémi passe avec une roulette pour indiquer où faire les trous, qu’il fait ensuite à l’aide de sa perceuse à colonne (press drill), avec des petites mèches 5/64 au carbure.

  14. M. Glazer coud le tout à la main avec du dacron usagé, soit du fil d’arbalète ou d’arc, un matériel très résistant et facile à utiliser. D’autres types de fil existe, mais sont plus difficile à travailler. Il passe sa couture d’un côté et de l’autre pour répliquer une couture faite à la machine à coudre.

  15. Ça peut prendre de 2 h à 10 h pour faire un couteau. L’étui prend environ 1 h à 1 h 30 à confectionner. « Les gens ne réalisent pas le temps et l’effort pour le prix. Mais pour moi, ça passe le temps.