Les défis sont nombreux, mais il semble que les opérations sont en plein essor à La Maison Verte. Comme toutes les entreprises canadiennes, la main-d’œuvre demeure un défi. Mais, heureusement, les étudiants de l’Université de Hearst étaient présents au cours de la dernière année pour sauver les meubles.

Outre dans le département Coin Cadeaux et Jardin, il y a toujours de petites fourmis qui préparent la prochaine saison estivale. « On pense qu’on est saisonnier, mais on n’arrête pas beaucoup. On a fini l’empaquetage des semis au milieu janvier et dès cette semaine, on commence les semences », déclare Manon Cyr, directrice générale de La Maison Verte.

Le défi du recrutement de la main-d’œuvre est de plus en plus persistant. Annuellement, La Maison Verte embauche entre 10 et 60  personnes, selon la saison. « C’est encore plus difficile parce qu’on est dans l’agriculture. On s’entend que même si on est dans l’industrie forestière, les salaires ne sont pas ce qu’il y a de plus haut. Le salaire est plus bas et c’est saisonnier. Nous avons seulement huit postes à temps plein », indique-t-elle.

Le personnel est le nerf de la guerre dans ce genre d’entreprise. Pas de travailleur, pas de récolte. C’est ici que les étudiants étrangers de l’UdeH entrent en ligne de compte. « Juste à l’empaquetage, on devait avoir de 18 à 20 étudiants internationaux de l’Université, parce qu’on était capable de travailler avec leur horaire. Avec les cours en bloc, si les étudiants avaient des cours en avant-midi, bien ils venaient travailler en après-midi et vice-versa », explique la directrice générale de La Maison Verte.

Elle n’a pas peur d’indiquer que ces étudiants n’ont pas volé d’emplois. Au contraire, ils ont rempli un vide qui aurait pu virer à la catastrophe. « Si ce n’avait pas été de l’Université, on aurait été dans l’obligation de parler de la survie de La Maison Verte. Je parlais avec mes collègues de Timmins, les serres chez Nilson, et ils m’ont dit la même chose : si ce n’était des étudiants de l’Université de Hearst au campus de Timmins, il y aurait eu un problème majeur ».

Depuis 1982, La Maison Verte remplit son mandat à la perfection et survit grâce à son plan d’affaires, et non grâce à des subventions récurrentes. « À La Maison Verte, depuis le début, on travaille main dans la main avec le Centre d’emploi et je me dis toujours que notre mandat social a toujours été la création d’emplois, plus axé sur les femmes, mais en date de décembre, on avait 47 % des employés qui étaient des hommes. »

Les serres de semis en péril

Autre ombre au tableau : la principale responsable de La Maison Verte est inquiète quant au futur de la replantation. Il semblerait que la province de l’Ontario n’est pas au diapason en la matière. « En Ontario, on a déjà été 39 producteurs en serre pour les semis forestiers, on est rendu à huit. C’est très épeurant », déplore-t-elle.

Il en va de la survie de l’industrie, selon Mme Cyr. « Il va falloir l’adresser (ce sujet), on a plus d’argent pour des serres de marijuana ! On est en train de regarder pour moderniser une partie de nos serres et c’est fou comment les subventions ne sont pas disponibles parce que mon produit n’est pas consommable. L’industrie forestière a beaucoup d’argent quand on regarde les salaires dans les moulins, mais est-ce qu’on peut s’entendre que s’il n’y avait pas de semis et de plantation, qu’est-ce qui entre dans nos moulins? »

Il s’agit d’un sujet qui lui tient à cœur et elle a bien l’intention de le mettre à l’agenda des élus. « Il va falloir un jour aller surtout au provincial, parce qu’il va y avoir bien moins d’argent qui va être mis dans notre sylviculture qu’il va y en avoir dans l’Ouest. Nos planteurs d’arbres ici sont payés presque la moitié de ce qu’ils sont payés ailleurs. En sylviculture, on a des taux qui étaient plus hauts en 2006, ça n’a pas de bon sens », s’insurge Manon Cyr.