Quand Suzanne Aubin et Michel Désilet ont choisi les alpagas, c’était pour la fibre, c’est-à-dire la laine qui s’appelle différemment selon les animaux. Suzanne en apprend toujours plus sur ce matériel, fabriquant ses propres pelotes de laine maintenant, et créant depuis plusieurs années des foulards, chapeaux, semelles, mitaines, bas et pleins d’autres produits. Cette semaine, on s’informe sur cette phase de transformation, de la tonte à un produit utile.

Infos, trucs et astuces

 1. La fibre d’alpaga est de 8 à 10 fois plus chaude que la laine de mouton. Elle est aussi antiallergène et très douce au toucher. On peut en faire du tricot, du crochet, du métier, du feutre, etc. 

 2. Suzanne commence avec la fibre brute. Elle la lave uniquement si l’année fut   particulièrement « bouetteuse » et qu’il y a trop de poussière. C’est généralement une fibre propre. 

 3. Ensuite, elle la carde avec une cardeuse. Ces machines fonctionnent soit à la main ou à roulette et servent à placer toutes les fibres dans le même sens pour pouvoir ensuite les filer. Elles sont munies de deux brosses qui alignent le tout. 

 4. On passe ensuite au filage avec un rouet. Suzanne en a deux, un plus gros, antique, avec une pédale manuelle, équipé d’une roue instable. « La roue bouge, mais pas grave, ça rend la laine encore plus spéciale. » Elle en a un plus petit, portable, et magasine pour un rouet qui pourrait faire de la laine fine autant qu’épaisse. 

 5. Les fibres tiennent ensemble pour s’enfiler grâce à un mouvement circulaire. Les fils sont ensuite combinés pour rendre la laine plus solide. La laine peut avoir de deux à  quatre brins généralement, selon ce qu’on souhaite en faire. Individuellement, ils sont tournés dans un sens, et quand on les met ensemble, on tourne dans l’autre sens. Plus il y a de brins, plus c’est résistant.

 6. Une autre façon d’augmenter la durabilité est de mélanger avec différentes sortes de fibres. Pour les bas, Suzanne mélange souvent avec de la laine de mouton, de soya ou de bambou. 

 7. Elle souhaite élargir son   inventaire avec la laine de ses lapins angoras dans un avenir rapproché. Elle compte aussi essayer d’avoir du bison. 

 8. Dans les autres laines moins communes, mais filables, on retrouve le sous-poil des chiens qui en ont (husky, colley, St-Bernard, Terre-Neuve, samoyède, caniche, Poméranien, etc.). Il y a aussi la laine des chameaux et des chèvres. Cette dernière doit être nettoyée pour enlever les poils raides comme des aiguilles. 

 9. Les alpagas offrent 11 couleurs naturelles. On peut les garder séparées ou les mélanger pour créer un effet différent, comme du blanc et du noir pour faire du gris.

 10. La fibre peut être teinte. C’est important de prendre de la teinture de qualité pour que la couleur ne coule pas ou change au soleil. La teinture en poudre que Suzanne utilise vient d’Australie et a un faible taux de toxicité comparativement à d’autres. Il existe aussi diverses manières de teindre qui sont plus naturelles : avec des feuilles de betteraves pour un rose ou rouge vin, et du pissenlit pour le jaune, par  exemple. 

 11. Des moulins commerciaux peuvent filer la laine. Différents moulins se spécialisent dans une variété de longueurs de fibre. Il y en a un peu partout au pays. Suzanne tente de rester au niveau canadien autant que possible. 

 12. Avec ses cours de gradeur et de classeur, Suzanne peut aider les intéressés à déterminer quoi faire avec quel type de fibre. Et la fibre qui n’est pas assez bonne pour filer, ça fait des bonnes boules pour la sécheuse, 100 % naturelles.