Francophones à l’avant-scène dans le Témiskaming ontarien Fort d’une subvention de 24 000 $ du Programme d’appui à la francophonie ontarienne du ministère des Affaires francophones de l’Ontario, le Centre culturel ARTEM de New Liskeard est en pleine célébration de la diversité et de la culture francophone dans la région du Témiskaming. Presque toutes les activités se déroulent en partenariat avec la Galerie d’art du Temiskaming à Haileybury.

Le projet subventionné s’intitule Francophones à l’avant-scène et se propose d’aller bien au-delà d’une simple programmation strictement artistique. En plus des expositions et des ateliers de peinture, de sculpture, de crochet et de chanson, des spécialistes ont été invités pour donner des conférences sur des sujets tels que les droits d’auteurs des artistes visuels, le cannabis et les relations avec les peuples autochtones.

La présidente du conseil d’administration du Centre culturel ARTEM, Réjeanne Bélisle-Massie, tient à souligner que l’organisme cherche «à offrir une vaste gamme d’activités de nature à briser l’isolement de certains membres de la communauté, à aider les aînés à socialiser et à rejoindre aussi les francophiles pour les sensibiliser au fait français et à l’apport des Franco-Ontariens à l’économie locale».

Le tout repose sur des bénévoles

Des questions d’intérêt social et des sujets d’actualité occupent donc une place de choix dans la programmation de Francophones à l’avant-scène. Si plusieurs conférences sont déjà passées, celle sur le legs testamentaire en français aura lieu au mois de mai. En anglais, Debunking First Nations Myths with Melissa Cormier Gill aura lieu le 26 mars à 13 h 30.

«Nous offrons aussi des ateliers pour les ados qui se questionnent sur la réalité LGBTQ, avec le concours de l’autrice-compositrice-interprète bilingue Robyn Dewar, qui les aidera à écrire une chanson», ajoute Mme Bélisle-Massie. L’atelier d’écriture avec Robyn Dewar aura lieu le mercredi 18 mars de 10 h à 12 h au Studio Libre et se déroulera surtout en anglais pour rejoindre plus d’adolescents, dont les francophiles. Parmi les autres activités de Francophones à l’avant-scène, Réjeanne Bélisle-Massie mentionne le cours de peinture à l’acrylique 101 chaque lundi de mars de 18 h à 20 h, les clubs de crochet pour débutant et intermédiaire les mercredis à 9 h 30 et le club de sculpture le jeudi matin de 10 h à 12 h.

La présidente du Centre culturel ARTEM explique que si la programmation se retrouve sur la page Facebook du Studio Libre et non sur le site web du centre, c’est parce que depuis trois ans, ce sont exclusivement des bénévoles qui tiennent ce dernier sur les épaules. «On n’a personne pour s’occuper du site web», déplore Réjeanne Bélisle-Massie.

Des partenariats qui font la différence

Pour célébrer la diversité et la culture francophones dans la grande municipalité de Temiskaming Shores, il faut pouvoir compter sur un lieu physique, sur un espace social très accessible, d’où le partenariat avec la Galerie d’art de Temiskaming à Haileybury.

La conservatrice Melissa La Porte souligne que divers ateliers pour les enfants accompagnés de leurs parents auront lieu durant le congé scolaire de mars, du 16 au 20 mars, notamment avec les artistes Lionel Venne (sculpture), Joe-Ann Cleroux (gravure) et Cameron Lamothe (monogravure).

«Notre espace Studio Libre vient tout juste d’ouvrir et sa visibilité est redevable au partenariat avec le Centre culturel ARTEM, souligne Mme La Porte. Le timing était excellent ; le projet Francophones à l’avant-scène a agi comme tremplin pour répondre aux besoins de la communauté.»

Elle constate déjà un effet boule de neige : «une fois que les gens viennent au Studio Libre pour une activité, il est presque garanti qu’ils reviendront. C’est une situation gagnant-gagnant.»

Le futur du Centre culturel ARTEM

Au Centre culturel ARTEM, Réjeanne Bélisle-Massie ne désespère pas de voir la relève se développer. «Quand les gens ont de jeunes enfants, ils font du bénévolat dans les activités de leurs jeunes, mais ils n’ont pas le temps nécessairement de s’impliquer ailleurs. Ils vont le faire après, la relève s’en vient», assure-t-elle.

Si le Centre a obtenu une subvention pour son projet Francophones à l’avant-scène, la réalité est tout autre pour payer un employé qui pourrait, entre autres, alimenter le site web. «On a du financement pour nos projets, mais c’est plus compliqué pour embaucher quelqu’un. Mais on ne s’empêche pas de rêver, c’est comme ça que les projets naissent!»