Fernande Samson, née Labrie, a vu le jour à Arvida, Québec, en 1929. Lorsqu’elle a 13 ans, elle perd sa mère à la suite d’une intervention chirurgicale au cours de laquelle les instruments avaient été mal désinfectés. Ce fut l’un des évènements les plus marquants de son enfance.

Comme c’était de coutume à l’époque, le curé du village a trouvé une femme à son père pour élever Fernande et ses trois sœurs. Pendant son enfance, Fernande voyageait beaucoup avec son père, au Canada et aux États-Unis, pour aller visiter la parenté. Elle suit un cours d’infirmière à l’Hôpital Saint-Luc de Montréal et y rencontre, en 1952, le Dr Louis Samson, originaire de Hearst, qui y fait une spécialité en chirurgie. Ils se marient le 7 septembre 1953, à Arvida. C’est donc l’amour qui l’amènera à Hearst. Pendant leurs fiançailles, elle et son mari auront la chance d’aller voir la vraie Édith Piaf à Montréal.

Louis et Fernande Samson déménagent à Hearst après le voyage de noces. Au début, Fernande élèvera ses cinq enfants, Louise, Gilles, Johanne, Monique et Nathalie, tout en s’occupant un peu des papiers de son mari qui reçoit ses patients dans son bureau à domicile l’après-midi. Deux de ses enfants, Gilles et Monique, sont toujours à Hearst tandis que les autres ne sont pas revenus après leurs études universitaires.

Jeannine Hallé (Mme Charbonneau), nièce de Mgr Hallé et cousine du Dr Samson (Mgr Hallé était le frère de sa mère), viendra elle aussi à Hearst aider M. Samson en tant qu’infirmière franco-phone.

« Qui prend mari prend pays » Ça ne devait être que pour deux ans, mais ils resteront à Hearst toute leur vie. M. Samson avait été approché pour travailler dans un hôpital de Toronto, mais il avait préféré rester dans sa ville natale.

Les Samson achètent, en 1955, un chalet au Lac Ste-Thérèse qui deviendra le havre de paix de M. Samson et de toute la famille. Dr Samson doit assister à de nombreux congrès de médecins. Fernande accompagne son mari. Ils feront de nombreux voyages ensemble.

Mme Samson continuera de voyager seule après la mort de son mari, décédé d’un cancer des poumons en 1986 à l’âge de 70 ans. À l’époque, il était conseillé de fumer pour relaxer lorsque, comme lui, on avait un métier stressant. Dr Samson fut l’un des seuls et derniers chirurgiens à Hearst.

Mme Samson dit avoir fait le tour du monde deux fois par le sud et par le nord. Elle a découvert la Chine en 1987 après la mort de son mari et y est retournée 20 ans plus tard, soit en 2007, avec ses enfants. De gros changements étaient survenus. En 1987, tout le monde se déplaçait en bicyclette et en 2007 la voiture avait envahi les villes et il y avait beaucoup plus de monde. Mme Samson a fait du bénévolat pendant 20 ans comme conseillère au Conseil scolaire et presque autant comme présidente au conseil de la Bibliothèque publique de Hearst. Elle a enseigné le tissage et le tricot-machine à l’École Louisbourg puis au sous-sol du local des scouts.

Bien sûr, on est loin de tout à Hearst, mais c’est un endroit extraordinaire pour élever des enfants, selon elle. Les Samson avaient l’aisance financière pour pouvoir faire de nombreux voyages. Au début, on pouvait prendre l’avion de Kapuskasing. Mme Samson a vécu à l’Hôpital Notre-Dame deux ans avant de finalement déménager au Foyer des Pionniers récemment.

Elle dit qu’elle avait un très bon mari. Elle n’a pas voulu d’un autre compagnon après sa mort. Selon ses mots, « elle ne voulait pas d’un 2 de pique après avoir eu un 4 As ».

Sa recette du bonheur qui est aussi son secret de longévité pourrait se résumer dans ces paroles de Mme Samson : « Les pieds bien sur terre, et le cœur sur la main. Aimer la vie, c’est se faire un cadeau tous les jours. On peut tout donner à ses enfants sauf des conseils. La joie de vivre est un feu d’artifice que l’on porte en soi. Il suffit de l’allumer ». Mme Samson dit avoir vécu une vie très saine et n’avoir jamais fumé. Dans le temps, c’était pourtant la mode. Elle recevait même des pourboires à l’hôpital sous forme de cigarettes, mais elle n’a jamais eu envie d’essayer.

Mme Samson joue encore au bridge à 90 ans, ce qui témoigne de sa vivacité intellectuelle !