En cette époque de l’abondance et de la facilité pour les achats, il faut se rappeler comment un achat risque d’aider une petite communauté comme Hearst. Dans le cadre de la campagne d’achats responsables présentée au cours des dernières années par les Médias de l’épinette noire, la directrice générale de La Maison Verte a réfléchi à sa manière de travailler.

Dans le cadre de la campagne de sensibilisation pour favoriser les achats locaux, on expliquait la responsabilité de la population, des commerçants et des distributeurs, soulignant qu’ils ont tous un rôle à jouer.

Manon Cyr de La Maison Verte a poussé sa réflexion sur sa manière de faire les choses. « Toute l’année, j’entendais les pubs de l’achat responsable, et je trouvais ça superbe parce qu’on n’est jamais assez sensibilisé. Ça m’a quand même fait réfléchir comme personne responsable des achats dans notre commerce. Les commerçants, on a aussi une responsabilité dans nos propres achats, c’est-à-dire ce qu’on vend dans notre propre magasin. »

Selon Manon, se différencier à titre de commerçant peut juste être gagnant pour tout le monde. « Parce que dès que tu as une licence de détaillant, tu peux acheter et vendre ce que tu veux. Par exemple, La Maison Verte pourrait vendre des pneus, mais il y a deux choses qui ne cliquent pas pour moi : ce n’est pas un fit avec nous, c’est complètement hors de notre propre gamme ; mais aussi, et surtout parce qu’on a déjà Kal Tire ou encore les concessionnaires ! Donc, on a la responsabilité en tant que commerçant de se dire pourquoi doubler un service? »

La duplication des services n’aide personne en ville ! « On avait un produit à La Maison Verte qui se vendait bien, mais au moment que d’autres commerces ont commencé à le vendre, il ne s’est pas vendu plus de ce produit, on s’est simplement partagé le marché. C’est comme si une autre personne se construisait des serres pour faire pousser et vendre des tomates, mais on ne peut pas faire manger plus de tomates aux gens ! On va seulement répartir le marché », ajoute-t-elle.

Un autre bon exemple : La Maison Verte vend des fleurs depuis que le dernier fleuriste a fermé ses portes au centre-ville. « Pour nous, c’était inconcevable qu’il n’y ait plus de vente de fleurs ici, mais si une autre personne avait voulu s’ouvrir un autre magasin de fleurs, jamais nous n’aurions offert ce service parce qu’on aurait simplement doublé un service. »

« On devrait toujours se demander si c’est logique que j’aie ça dans mon commerce et si ce produit-là est déjà offert dans ma communauté. Ici, je ne parle pas de Kap, Timmins… ce n’est pas pareil ! Si on veut vraiment aider notre communauté, apportons de la diversité. »

Responsabilité du Développement économique de Hearst La principale intéressée estime qu’il y a du travail à faire. « Dans mes grands rêves, au développement économique, ce serait quelque chose de demander qu’est-ce qui nous manque. Faisons-là cette analyse dont on a déjà jasé à une certaine époque, soit faire une liste des produits et services qu’on n’a pas dans notre région, qui feraient vibrer la communauté. »

Ça se fait à d’autres endroits. « Un exemple que j’aime beaucoup, près de Témiscamingue et New Liskeard, on travaille fort pour diversifier l’économie. Il y avait un manque un moment donné en restauration et ils ont ouvert un restaurant. »