La réalité des familles francophones à Kingston Pour souligner les 50 ans de la Loi sur les langues officielles, l’Association canadienne-française de l’Ontario Mille-Îles (ACFOMI) organise une série de dialogues entre francophones et anglophones intitulée «Une ville, deux réalités». La 6e conférence de cette série avait lieu le mercredi 26 février dernier sur le thème de la vie quotidienne des familles francophones, anglophones et exogames de la région.

«Approximativement 30 % des familles militaires à Kingston sont francophones», annonce d’entrée de jeu Kassondra Walters, coordonnatrice de l’engagement communautaire et de l’information au Centre de ressources pour les familles militaires de Kingston (KMFRC).

Le KMFRC offre des cours de langues, un service de garderie et des programmes de jeux libres et de rencontres afin de favoriser l’insertion sociale des familles militaires francophones et anglophones. Ces programmes sont également ouverts à la communauté dans son ensemble. De plus, le centre offre de l’aide en recherche d’emploi et des ressources afin d’aider les familles à choisir une garderie, une école, un médecin ou bien un agent immobilier, francophone ou non.

Une «ouverture»

Selon Laurence Simard-Gagnon, titulaire d’un doctorat en géographie sur l’expérience des mères francophones en milieu minoritaire, «la perception du français à Kingston a beaucoup changé» depuis les dernières années et l’histoire du français à Kingston est relativement récente.

«Kingston est un endroit où il y a un gros roulement, notamment parmi les francophones et notamment parmi les militaires», constate Mme Simard-Gagnon. En raison de la réalité militaire, mais aussi des migrations reliées aux universités, aux hôpitaux et aux industries, la mémoire institutionnelle est difficile à préserver et «l’information doit toujours être répétée», souligne-t-elle.

On accorde tout de même beaucoup plus de place et d’importance qu’avant au français à Kingston, constate Sylvain Morel, directeur de l’École secondaire publique Mille-Îles. À ses yeux, l’attitude du maire Bryan Paterson envers les francophones y est pour quelque chose.

«À Kingston, j’ai senti une ouverture. Les francophones sont bien perçus et bien respectés», constate M. Morel. Chez de nombreuses familles, le français est même perçu comme un avantage économique important.

Vivre sa langue en milieu minoritaire

«Le portrait des francophones est très vaste, rappelle Laurence Simard-Gagnon, et les défis demeurent grands puisque chaque famille vit sa réalité selon ses expériences et les valeurs qui lui tiennent à cœur.»

Certaines familles francophones choisissent de déménager près de l’école pour avoir un sentiment de quartier, tandis que d’autres choisissent de favoriser l’apprentissage de l’anglais, qu’ils jugent nécessaire, au détriment de la protection de leur culture. D’autres encore vont choisir de lutter pour préserver les services offerts en français.

Autant de réalités qui cohabitent et qui nous rappellent à quel point «la vie francophone est structurée autour de la famille», comme le mentionne Madame Simard-Gagnon, et que les familles sont le cœur de la société.

Au-delà des services offerts aux francophones à Kingston, la réalité des familles s’articule dans tous les aspects de la vie quotidienne et devient aussi un choix identitaire personnel à chaque famille en fonction de ses besoins et de ses objectifs futurs.