Dans l’effet domino des postes à la direction des divers services de santé de la région, Jessica Baril a trouvé sa place à la Maison Renaissance. Troisième directrice depuis l’établissement du centre de toxicomanie à Hearst, il y a de ça déjà 35 ans, elle passe du côté clinique à l’administration avec confiance et aplomb.

LN : D’où vous vient l’intérêt pour le poste de directrice ? JB : Ça fait déjà 10 ans que je suis à la Maison Renaissance. J’ai occupé le poste d’accompagnatrice pendant quelques années pour ensuite devenir conseillère à partir de 2012. J’ai le bien de Maison Renaissance à cœur. Au fond, j’ai commencé dans les moulins, et j’ai postulé comme accompagnatrice sans trop savoir dans quoi je m’embarquais et on dirait que c’est ici que j’ai trouvé ma place, mon domaine. Et comme je suis une fonceuse, une leader, j’ai choisi de poser ma candidature comme directrice. Je change complètement de branche, de la relation directe avec les clients à l’administration. Alors je suis en période d’adaptation. Quand Danielle (Plamondon) a annoncé qu’elle quittait Maison Renaissance pour l’Équipe de santé familiale, ça m’a poussée à une grande réflexion parce que j’adorais mon poste de conseillère. J’aime le counseling et le contact direct avec les clients. Je n’aurai plus cette partie-là. Mais je vais avoir l’autre côté où je vais faire affaire avec le ministère et je vais m’occuper de Maison Renaissance et des clients d’une autre manière. Une directrice avec le côté clinique, c’est la première fois ici. C’est intéressant.

LN : En poste depuis le 1er janvier, comment ça va jusqu’à maintenant ? JB : Ça va bien, j’adore ça. Je me familiarise avec mon poste, je touche à toutes sortes de choses. Danielle et moi, on se rencontre une fois par semaine pour discuter si j’ai des questions. Ça demande du temps et de l’énergie, mais c’est bien. Je pense que je suis une leader positive. C’est un gros changement aussi de devenir gestionnaire avec les gens qui étaient mes collègues. Je pense qu’en ayant occupé les différents postes, ça me donne une bonne compréhension de ce qui se passe et des améliorations possibles.

LN : Quels sont les projets ou les objectifs à l’horizon ? JB : Augmenter la visibilité du centre pour se faire connaitre dans la région et du même coup augmenter le taux d’occupation. Il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas encore nos services. On doit aussi prendre soin du personnel, puisque c’est un travail très demandant. On ne veut pas que les gens soient à bout. Donc, il s’agit peut-être d’intégrer des choses dans le programme qui vont alléger la tâche de nos membres du personnel. On a en ce moment la peinture intuitive, la thérapie chevaline et le reiki en essai bientôt. Pendant ce temps-là, le personnel peut se reposer un peu ou rédiger des rapports. Et les clients y gagnent aussi. On en ferait plein de projets, mais on a quand même un budget, et le ministère est en train de s’organiser avec les changements. Moi, ma plus grosse tâche dans les prochaines années est que le centre survive là-dedans, et assurer le maintien des services francophones. Il y a deux services de traitement résidentiel en toxicomanie francophone dans la province : nous et la Maison Fraternité à Ottawa. C’est quand même incroyable. Et c’est important de s’assurer que ces services soient maintenus. Un autre projet est le recrutement de personnel. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est partout. On a de la difficulté avec le recrutement et ça affecte notre personnel qui doit faire plus d’heures. Ça n’est pas évident pour ceux qui sont dans la boite. On a aussi les négociations de la convention collective dans deux mois. J’étais déléguée syndicale, mais je n’ai pas eu la chance d’en faire. Je connais l’entente collective, la gestion, les droits de l’employé et de l’employeur. Alors ça facilite l’intégration dans mon poste.

LN : C’est quoi Maison Renaissance pour vous ? JB : C’est des gens passionnés de leur travail qui sauvent des vies. On aide des personnes souffrantes. Le taux de satisfaction des résidents est très élevé. Pour eux, ils ont été très bien servis et bien écoutés. Ils repartent avec les outils nécessaires pour se reprendre en main. Et il y a parfois des rechutes et ils reviennent, et l’apprentissage continue. C’est un long processus la réhabilitation.

LN : Qui est Jessica ? JB : C’est une maman qui court tout le temps ! J’ai deux jumelles de sept ans. On se tient occupé, on va au hockey. J’aime le plein air, alors c’est beaucoup de camping, de chasse et de pêche. J’aime voyager aussi. Je n’ai pas de voyage de prévu en ce moment, mon nouveau poste prend tout mon temps.