Blanche Brochu a célébré son 100e anniversaire de naissance dernièrement avec parents, amis et intervenants en santé du Foyer des Pionniers. Ils se sont tous rassemblés dans la chapelle pour souligner le centenaire de Mme Brochu, née Fortier, qui a vu le jour à Ste-Justine au Québec le 20 janvier 1920. Elle est la 7e d’une famille de 14 enfants.

La famille Fortier n’était pas riche au Québec, mais s’autosuffisait avec les produits de la ferme. À 15 ans, Blanche déménage à Montréal pour travailler auprès de familles fortunées dans des maisons privées d’Outremont.

Elle arrive à Halléwood (ancien Hallébourg) en 1936 avec trois de ses sœurs pour rejoindre ses frères et parents qui, après avoir vendu leur ferme, avaient bénéficié d’un programme de colonisation afin de diriger les sans-emploi vers les régions rurales suite à la Grande Dépression.

À son arrivée à Hearst à 16 ans, en 1936, Blanche travaille d’abord à l’entretien des chambres à l’Hôtel Central sur la rue George. Elle s’aperçoit vite que c’est une maison de débauche et change d’emploi pour travailler comme ménagère dans une famille. À 18 ans, en 1938, Blanche se marie avec Gérard Brochu, qu’elle a rencontré à Hallébourg dans la grande maison de la tante Bernadette Fortier où tous les jeunes se rassemblaient pour jouer de la musique et danser. Gérard devient barbier dans la Salle de Billard de Hearst et ils vivront d’abord au-dessus du Théâtre Royal, sur la rue George, puis achèteront une maison sur la rue Prince quand la famille s’agrandira.

Blanche ne s’est pas ennuyée de Montréal. Elle dit avoir été heureuse à Hearst avec sa grande famille. Elle a appris seule à jouer du violon et de l’accordéon. Elle s’était acheté son premier violon avec l’argent de son travail à Montréal. Tout le monde dans la famille avait l’oreille musicale et tout le monde jouait d’au moins un instrument. Les plus jeunes apprenaient au contact des plus vieux.

Mme Brochu a eu huit enfants : quatre garçons (Yvon, Marcel, Claude et Michel) et quatre filles (Yvette Yolande, Louise et Lynn). Elle a perdu son Gérard en 1984.

Blanche Brochu a préparé d’innombrables repas au Club Voyageur. Des familles entières se déplaçaient en motoneige à l’époque, et la salle était toujours remplie. Elle a été couturière et musicienne. Elle venait jouer de l’accordéon au Foyer des Pionniers, à l’Hôpital et à la Villa Beauséjour. Elle a été bénévole pendant 35 ans pour l’Union culturelle des Franco-Ontariennes.

Elle réside au Foyer des Pionniers seulement depuis le mois d’août 2018, c’est dire qu’elle a été autonome jusqu’à ses 98 ans, avec l’aide de la Croix-Rouge !

Mme Brochu rapporte qu’un des secrets de sa longévité est ceci : « On est du monde gai et on aime danser », lance-t-elle.