L’Afrique. Le mot inspire plein d’images, certaines majestueuses avec des éléphants, des girafes, des chutes d’eau phénoménales et des savanes à perte de vue. D’autres y voient des enfants souffrant de malnutrition, vivant dans des huttes en paille avec les mères qui parcourent des kilomètres pour aller chercher de l’eau.

On voit souvent l’Afrique comme étant représentée au même titre qu’un pays. La réalité est que la diversité entre les 54 pays qui la composent est très grande. L’Afrique est un continent qui recouvre approximativement 30 millions de kilomètres carrés. En comparaison, le Canada en couvre presque 10 millions. Elle est séparée en cinq régions, soit le Nord (qui inclut la majeure partie du Maghreb), l’Ouest, le Centre, l’Est et le Sud. La ville de Hearst a l’opportunité d’explorer cette grande diversité à travers, entre autres, les étudiants internationaux de l’Université. Afin de démystifier cette terre lointaine, quelques-uns offrent ici un portrait de leur pays, selon leur vécu. Voici Laurenda, Innocent, Dan, Christiane, Saliou, Kafando et Imad.

Du BÉNIN, Laurenda Adanzounon À l’est du continent, il a une superficie d’environ deux fois la Nouvelle-Écosse avec 11 millions d’habitants. Il y a des savanes et des montagnes semi-arides au nord, et une plaine côtière au sud qui rejoint l’océan. Au Bénin, chacun a sa langue, mais le pays a une langue nationale, le fon gungbe. En termes de religion, environ 20 % sont musulmans, 40 % pratiquent le voodoo (qui n’est pas la sorcellerie qu’on voit dans les films, mais un système de croyances sain et complexe) et on compte 40 % de chrétiens.

Ce que Lauranda aime le plus de son pays : « La nourriture consistante et épicée. Les produits sont tous frais, c’est naturel (moins de chimique). Les plages, la culture – moi personnellement je n’aime pas le voodoo, mais ça fait une différence avec les autres pays. On a aussi les plus beaux tissus africains. On est vraiment privilégié. C’est ce que ma mère fait. C’est elle qui dessine ce qu’elle veut en matière de pagne, mais c’est produit en Chine, comme d’habitude. Beaucoup de pays viennent acheter ça chez nous et le vendent très cher. Les hommes et les femmes portent ça. Chez nous, quand tu es mariée, tu dois porter le pagne, et on adore ça. On a aussi des animaux sauvages, mais dans les parcs, comme au parc Pendjari, au nord. Moi, je n’ai jamais vu un lion. » Mots-clés selon elle pour le Bénin : solidarité et compréhension.

Du CAMEROUN, Innocent Kuetalla En Afrique centrale, le Cameroun a une superficie d’un peu moins que la moitié de l’Ontario, avec 25 millions d’habitants. Le sud du pays est bondé de forêts tropicales. En montant vers le nord, le terrain devient prairies et savanes sèches. Il y a plusieurs langues différentes au sein du pays. Les gens sont majoritairement chrétiens (catholiques, protestants, témoins de Jéhovah) avec environ 5 % de musulmans. Côté physionomie, les habitants du centre sont souvent plus costauds que ceux de l’ouest.

Ce qu’Innocent aime et n’aime pas de son pays : « Ce qui caractérise le Cameroun est la diversité linguistique. On a aussi beaucoup de nourriture comme patate, banane, manioc et autres. On a également beaucoup de fruits en Afrique, contrairement au Canada, à cause de la température. La terre est une très belle richesse. On a en plus des ressources minières comme l’or, l’uranium et le bronze. Le problème est que parfois la population ne jouit pas de ces biens. Les riches sont plus riches, les pauvres sont plus pauvres. Il y a beaucoup d’entreprises qui s’installent en Afrique parce qu’on a une main-d’œuvre moins couteuse. Elles prennent donc avantage de ça, ne respectent pas les lois et font ce qu’elles veulent. C’est ça le problème, il y a beaucoup d’inégalité.

La nature est belle, on est fier d’être chez soi. On n’a pas l’hiver, mais il y a de belles plages. On peut y aller de temps en temps pour pêcher, nager. Chez moi, tu es libre d’appartenir à la religion que tu veux. Je viens d’une famille chrétienne, mais si je décide de m’islamiser, ça ne cause pas de problème. J’ai des frères qui sont musulmans. Chacun est libre. » Mots-clés pour le Cameroun selon lui : l’Afrique en miniature, grâce à sa diversité linguistique.

Du GABON, Dan Yangary Avec une superficie d’un peu plus que la moitié du Yukon, le pays a 2 millions d’habitants dans l’Afrique centrale. À l’ouest, on retrouve la côte, l’intérieur étant majoritairement des forêts équatoriales avec quelques plateaux de savane vers le nord. C’est majoritairement chrétien, soit à 80 %, 10 % musulman et 10 % de religions animistes.

Ce qu’il aime le plus du Gabon : « Nous avons de très belles plages qu’on voit depuis l’aéroport, avec des cocotiers tout le long de la plage, style Californie (et les filles en bikini – juste le samedi et le dimanche). On a la liberté de faire certaines choses qu’on n’a pas ici, par exemple manger autant de viande sauvage qu’on veut, comme le serpent, la vipère du Gabon, le gris du Gabon (un type de perroquet), et d’autres. L’animal le plus connu de chez nous est la panthère. Et oui, on en mange. On mange beaucoup d’animaux sauvages. » Mots-clés selon lui : le gris du Gabon (délibérément vague pour pousser les gens à chercher eux-mêmes).

Du SÉNÉGAL, Christiane Diatta et Saliou Ndigue Ciss En Afrique de l’Ouest et avec une superficie d’environs 1/5 de l’Ontario, le Sénégal a 16 millions d’habitants. L’ouest borde l’Atlantique, le sud est tropical tandis que le nord est quasi désertique. Le pays regroupe plusieurs ethnies qui ont toutes leur langue, mais les gens ont une langue commune nommée le wolof. Leur physionomie est souvent plus élancée, le teint plus foncé au sud et plus clair au nord.

« La religion reste vraiment très importante, un centre de pouvoir et d’influence sur tout. Il y a une séparation entre le christianisme et l’islam et c’est plein de sous-divisions à l’intérieur de celles-ci. Sous l’islam, on retrouve les chiites et les sunnites. Dans chacun, des gens viennent d’écoles de pensée différentes, et chacune a des subdivisions (confréries), et chacune a une ville et un marabout qui est à la tête. Les gens sont vraiment attachés à ça, au niveau politique et pour les enjeux économiques. Ça dérange certaines personnes, car elles aimeraient plus de liberté, mais c’est un combat qui se fait petit à petit et pour l’instant c’est toujours comme ça. C’est en même temps une force et une faiblesse pour mon pays », explique Saliou.

Ce que Christiane aime du Sénégal : « Ce que j’aime de mon pays est l’hospitalité. Sénégal, pays de la teranga, qui signifie hospitalité. J’aime notre plage, notre diversité en matière d’arbres et de fruits. Je viens du sud du pays; nous avons des mangues, des bananiers, des fruits, tout ce qu’on peut voir à l’épicerie, on l’a. Derrière chez nous, ma mère a un jardin. On a toutes sortes de fruits, même des légumes. Et quand tu as envie de préparer la nourriture, tu vas en arrière, tu prends ce dont tu as besoin. Pour la bouffe, c’est notre célèbre thieb, soit du riz avec du poulet ou du poisson. Les épices et la préparation le rendent unique. On aime tous ça, c’est tellement bon. »

Quant à Saliou : « Moi, grâce au travail de mon père, j’ai eu la chance d’habiter dans plusieurs régions du Sénégal. On n’était jamais fixe. Il était gouverneur, mais ce n’est pas un poste haut placé comme ici. C’est un employé de l’État simplement. Au nord, on a le désert de Lompoul, au sud la richesse des forêts, à l’est il y a des montagnes et des chutes d’eau. Il y a tout ça chez moi. On a aussi un lac qui parfois est rose selon le climat et le soleil; c’est tellement beau. Les gens viennent de partout dans le monde pour voir ça. Aussi, chaque zone a une réalité différente. Donc, chaque fois qu’on allait vivre ailleurs, il fallait s’adapter. Au sein du même pays, il y a des ethnies différentes, des langues, des croyances, des valeurs. Il y a une grande diversité qui est habituellement vécue dans la joie et le sourire. » Les mots-clés selon eux : hospitalité, sourire, solidarité.

Du BURKINA FASO, Kafando Fatimata Ce pays a une superficie d’environ quatre fois le Nouveau-Brunswick et 19 millions d’habitants. Il est assez plat, avec des vallons. Le sol est souvent couleur ocre (rouge orangé). La savane prime avec des arbres tropicaux vers le sud. Les croyances sont environ 65 % musulmanes et 35 % chrétiennes. Le Burkina Faso se situe à l’intérieur des terres en Afrique de l’Ouest, avec peu d’eau. Les trois parcs nationaux ont des buffles, des antilopes, des hippopotames, des éléphants, des crocodiles, des singes et beaucoup d’oiseaux.

Ce que Kafando aime de son pays : « Burkina Faso : pays des hommes intègres. On se soutient les uns les autres. On n’a pas besoin de beaucoup d’argent ou de chose pour être heureux. Le peu qu’on a, on le partage. Il y a aussi la diversité culturelle, les organisations, les fêtes, les fruits, les légumes, la bouffe et tout ça. » Mot-clé selon elle : intégrité.

De l’ALGÉRIE, Imad Belarbi Dans l’Afrique du Nord et au sein du Maghreb, il a une superficie deux fois plus grande que l’Ontario ; c’est le plus grand pays d’Afrique avec 42 millions d’habitants. Le nord borde la mer Méditerranée et le sud a le désert du Sahara. Les habitants parlent différents dialectes arabes selon les régions. Ils ont le teint très varié : de blanc, à brun à noir. La religion pratiquée est 95 % islamique.

« Le christianisme et l’islam ne sont pas très différents. Chez nous, l’islam est le développement du christianisme. On n’a pas l’extrémisme chez nous. C’est peut-être plus en Arabie saoudite et autour de là. Mais chez nous, ce n’est pas comme ça. Que tu sois de n’importe quelle religion, on t’accepte. On n’a pas à imposer notre foi ou notre choix. Tout le monde est musulman, alors le gouvernement aussi et il n’y a pas de différence. »

Ce qu’Imad aime de son pays : « Ce que j’aime en Algérie, c’est ma vie quotidienne. Ce n’est pas pareil comme ici. Tous les jours il y a des gens autour de toi. Tu peux faire plein de choses. Ici, tu es un peu isolé. Personnellement, j’habite la capitale et ça ressemble un peu à l’Europe, on peut dire. On a de l’architecture française. Nous sommes un peu comme des Européens, mais pas autant. On est très solidaire, aimable, débrouillard, on ne cherche pas de problème. On a des chameaux, des chevaux sauvages, des gazelles, des fennecs. Y’a tout, une grande variété d’oiseaux aussi. Mais pas en ville, évidemment. » Mots-clés selon lui : diversité, solidarité.