Février est le mois de la psychologie au Canada. À cette occasion une rencontre sur les troubles de l’anxiété était organisée, jeudi 20 février à Charlottetown. L’évènement a eu plus de succès que prévu, le personnel étant obligé de rajouter des chaises et d’interrompre, en toute fin, une séance de questions partie pour durer.

L’anxiété toucherait plus d’un Canadien sur dix. «Il s’agit du problème psychologique le plus commun», affirme Christine Beck. La psychologue est la conférencière du jour à la bibliothèque du Centre des arts de la Confédération, à Charlottetown. Preuve que le sujet touche tout le monde, de près ou de loin, plus de quarante personnes étaient présentes, un succès pour ce type d’évènement.

La vie des gens anxieux «rétrécit» L’anxiété peut revêtir plusieurs formes. Il peut s’agir de phobie, quelle qu’elle soit, de trouble de panique, de syndrome de stress post-traumatique, d’anxiété sociale ou encore d’anxiété généralisée (TAG), le trouble le plus courant.

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Les personnes qui souffrent de TAG éprouvent «une inquiétude chronique, excessive et irrépressible» et ont «les nerfs à fleur de peau», selon l’une des fiches mises en ligne par la Société canadienne de psychologie (et disponible en français). Au contraire, les attaques de panique «se produisent inopinément en l’absence de toute menace apparente. Elles s’accompagnent souvent d’un sentiment de danger ou de mort imminente et d’un besoin urgent de fuir.» «Les personnes anxieuses se concentrent sur des problèmes qui n’en sont pas pour les autres, explique Christine Beck. Tout le reste autour disparait». L’anxiété engendre des émotions tristes, du stress, de la peur, de la tension musculaire ou des problèmes de sommeil. Dans les cas les plus graves, cela peut conduire à des problèmes familiaux ou sociaux. «Plus l’anxiété grandit, plus la vie des gens rétrécit», ajoute la psychologue.

Affronter la peur et éviter la fuite Christine Beck a longuement abordé ce soir-là sa façon de traiter l’anxiété. Plutôt que d’essayer d’évacuer la peur, elle encourage ses clients à l’affronter. «Souvent, les gens veulent que ça passe, ils me disent “il faut que ça s’arrête”, raconte la praticienne. Mais vous ne pouvez pas vous en débarrasser». Elle leur apprend au contraire à tolérer l’anxiété. Elle demande ainsi à ses patients de parler de leur peur, même si cela les met dans une position inconfortable. Elle augmente leur exposition à cette peur, pour leur apprendre à vivre avec. «Il faut éviter la fuite», lance la psychologue. Selon elle, la culture de l’Ile-du-Prince-Édouard encourage cette fuite, car les insulaires n’aiment pas la confrontation: «Je trouve au contraire que cela permet d’avoir des relations plus fortes.» Une autre méthode consiste à casser le lien psychologique entre une chose et la peur qu’elle engendre. «Par exemple, si quelqu’un associe “pont” et “mort”, on va essayer d’associer “pont” avec autre chose», détaille la praticienne. Les questions du public se sont principalement concentrées sur «comment aider». L’écoute reste la meilleure approche, selon Christine Beck. Par contre, il ne faut pas «participer à l’évitement» ni «se soumettre à l’anxiété». Installée à Charlottetown, elle affirme que «tous les psychologues devraient être formés pour traiter l’anxiété». À l’Ile malheureusement, ils sont «trop peu nombreux».