Le Centre culturel Frontenac (CCF) de Kingston fait face à des défis de recrutement à la suite du départ de son directeur général, le troisième depuis quelques mois. La directrice par intérim, Marie-Noël St-Cyr, ne se laisse pas décourager et assure que ce départ n’affectera pas la programmation du CCF pour les mois à venir.

«Ce sont les aléas de la vie», lance Mme St-Cyr pour expliquer le départ consécutif de trois directions du CCF dans les derniers mois.

Pour tenter de retenir des candidats de qualité, le centre a même augmenté le salaire du poste. Michaël Paulin, qui a été le dernier à occuper le poste, a tout de même dû quitter en raison d’une «situation familiale critique».

«On a un nouveau directeur artistique, Normand Dupont, qui commence le 2 mars. Entre nous deux, qui cumulons de l’expérience en direction générale, on devrait être capables de s’en tirer et de préparer le terrain pour quiconque prendra le poste de direction par la suite», précise Marie-Noël St-Cyr.

Résidente de Kingston depuis une quarantaine d’années, bien connue au sein de la communauté locale pour ses divers engagements dans les milieux scolaire et culturel, elle assurera donc l’intérim jusqu’au 30 juin 2020.

«Il a semblé sage d’avoir une personne connue par le milieu des bâilleurs de fonds pour continuer cette année», relate encore Mme St-Cyr.

La directrice par intérim, qui siégeait jusque-là à titre de vice-présidente et administratrice au le conseil d’administration (CA) du CCF, avait déjà pris en charge l’intérim administratif du Centre en octobre dernier, de manière bénévole. Cette fois-ci, le poste de direction sera de nouveau ouvert au mois de mai. Le siège vacant au CA sera aussi comblé à ce moment, lors de l’assemblée générale annuelle du Centre.

Un milieu «accueillant»

Si Marie-Noël St-Cyr a accepté d’assurer l’intérim, elle espère tout de même parvenir à recruter cette fois-ci une direction qui restera plus longtemps.

«Ce qui m’intéresse surtout, c’est de bâtir une capacité pour le Centre culturel Frontenac. Je trouve plus proactif d’être disponible pour entraîner quelqu’un qui pourra assurer la direction. Quelqu’un qui est dans sa prime jeunesse et plein d’enthousiasme, mais qui peut avoir besoin d’encadrement, parce que ce n’est pas évident à naviguer comme milieu. Il faut voir grand, mais être réaliste au niveau de notre position en milieu minoritaire», expose-t-elle.

Elle estime que le contexte est plutôt bon pour les francophones à Kingston, région désignée en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario. «On a droit à des services en français et les gens les respectent. C’est un milieu très accueillant, même s’il ne l’a peut-être pas toujours été traditionnellement. Les gens sont ouverts au bilinguisme et intéressés aux échanges d’idées et de points de vue», fait remarquer Marie-Noël St-Cyr.

Plusieurs projets sur le feu

Le projet de carrefour scolaire francophone pour la région, qui réunirait l’École secondaire catholique Marie-Rivier et l’École secondaire publique des Mille-Îles en plus du Centre culturel Frontenac, d’un centre ON y va et d’une garderie, devrait voir le jour en 2021. Plusieurs espéraient que la construction soit terminée en 2020.

«C’est un rêve de la communauté depuis plusieurs années. De rejoindre les deux écoles, permettre aux secteurs public et catholique de travailler ensemble et d’être dans une bâtisse aussi perfectionnée que les écoles secondaires anglophones, ça fait longtemps qu’on voulait ça, rappelle Marie-Noël St-Cyr. Et le fait que ça inclue le CCF, ça fait que notre projet perdure». Plus encore, l’ACFO Mille-Îles a tenu fin janvier sa toute première table de concertation des organismes francophones régionaux, à laquelle la nouvelle directrice intérimaire du CCF a participé.

«Je pense que ça annonce une nouvelle ère, ça s’accorde très bien avec notre programme de relocalisation des écoles et du Centre Frontenac. Tout le monde sait que la solidarité fait la force, surtout en milieu communautaire», rappelle Marie-Noël St-Cyr. Pour l’année à venir, elle identifie les principaux enjeux pour les francophones de Kingston comme étant de retenir la main d’œuvre, d’intéresser les gens d’ailleurs à venir s’y installer et d’aider les francophones et francophiles à prendre confiance en leur capacité de parler la langue.

À cet effet, le CCF continuera de plus belle dans son créneau artistique, proposant bientôt un spectacle musical de Mehdi Cayenne, la pièce de théâtre Jack et le spectacle d’humour de Maude Landry.