Une assemblée publique sur l’entretien hivernal des routes a eu lieu le 16 janvier au Centre Inovo. Guy Bourgouin, député de Mushkegowuk-Baie James, souhaitait rencontrer les gens pour discuter de ce dossier avec la population. On se rappellera que son projet de loi visant à améliorer le déneigement sur les routes 11 et 17 a été défait en deuxième lecture à Queen’s Park. Malgré tout, il persévère et compte le présenter à nouveau avec de la nouvelle information et une pétition.

Une douzaine de personnes étaient présentes pour entendre le député, mais aussi trois invités, soit le maire Roger Sigouin, Mario Villeneuve de Villeneuve Construction et Frédéric Potvin, commandant ambulancier.

Le projet de loi reste à peu près pareil, exigeant que la classification des routes 11 et 17 soit modifiée à une catégorie 1, au même titre que les routes 400 du sud de la province, et conséquemment, que la chaussée soit complètement dégagée dans les huit heures suivant une chute de neige.

Présentement, les routes sont de catégorie 2 et le déneigement passe à 16 heures. Selon la ministre, la moyenne dans le Nord serait présentement à 7 h pour les chaussées dégagées. La réalité semble être tout autre.

« Ça n’est pas la faute des contracteurs ou des chauffeurs de déneigeuse. Je veux que ce soit clair. Ce sont les politiques publiques qui sont le problème. Les contracteurs font leur travail avec l’argent qu’ils ont », affirme M. Bourgouin. Selon Mario Villeneuve, il est important que les gens comprennent comment le système fonctionne pour le déneigement. Auparavant, le ministère avait la charge de tout diriger et de gérer en ce qui concerne la route : application de sel ou de sable, déneigement, etc. Les coupes budgétaires ont mené à des changements, faisant en sorte que la responsabilité est remise aux entrepreneurs directement. « Ça a changé la dynamique. Nos déneigeurs font leur possible à l’intérieur des limites du contrat. Les contrats sont faits par appel d’offres, pour être le plus compétitif possible. Ce que ça crée, c’est que les gens rencontrent les standards les plus bas pour rester compétitifs. En implémentant le nouveau projet de loi, ça augmenterait les standards de base. Ça va couter plus d’argent au ministère et c’est probablement pour ça que ça n’a pas passé. Je voyage beaucoup, je connais très bien l’état des routes. On a besoin de meilleures routes. »

Pour le maire Sigouin, les routes ont couté la vie à des êtres chers. « Le gouvernement provincial ne respecte pas les gens. Ce sont des pères et des mères de famille sur les routes. Pour des raisons de santé aussi, comme aller à Thunder Bay pour des traitements pour le cancer. Beardmore est le pire bout. J’appuie Guy dans son projet de loi, et le conseil aussi. »

Les routes 11 et 17 sont empruntées par les résidents, mais surtout par les transports commerciaux et la tendance est à la hausse. En 2013, une étude du ministère du Transport de l’Ontario affichait un taux de 54 000 voyages de camions par semaine.

Les routes fermées pendant des heures ont des répercussions sur les gens et l’économie ainsi que sur la santé des résidents et des voyageurs. « Comme ambulancier, les conditions de route font une différence sur le temps requis pour se rendre sur place, accident ou autre. Si les routes sont mauvaises, on doit aller plus lentement. Et dans une urgence médicale, les minutes font la différence entre la vie et la mort. On doit aussi parfois sortir les patients de la ville par voie terrestre. On a déjà perdu des patients à Hearst parce qu’on n’était pas capable de sortir d’ici. Parfois, la condition de la route peut changer la vie de quelqu’un », explique M. Potvin.

« On est 2 à 3 fois plus à risque d’un accident fatal sur les routes du Nord, si on compare avec le sud de la province. On a juste une voie, on n’a pas d’autre accès. C’est pour la sécurité. Comment ça coute pour sauver des vies ? Les six députés du Nord, on travaille ensemble pour que ça passe. Je veux les histoires des gens pour que quand je présente le projet de loi, je puisse raconter des faits vécus avec des noms et des situations. C’est la meilleure façon de générer une réaction et faire de la pression », renchérit M. Bourgouin.

Une date n’a pas encore été établie pour la présentation du projet de loi.