Suite au départ de Jacques Doucet vers la gestion de l’Hôpital Notre-Dame, une nouvelle directrice générale s’est taillé une place à l’Équipe de santé familiale Nord-Aski. Danielle Plamondon est en poste depuis le 6 janvier, prête pour ce défi.

Par Sophie Gagnon

LN : Bonjour Danielle. Vous travailliez à la Maison Renaissance avant d’obtenir ce poste. Comment a été votre passage? DP : J’ai été là pendant 20 ans, soit 16 ans comme adjointe et quatre ans comme directrice. Les deux postes, j’ai adoré.

LN : Qu’est-ce qui vous a attiré à l’Équipe de santé familiale? DP : C’était une opportunité, parce que je voyais ça comme un dernier grand défi avant ma retraite qui viendra dans les 10 prochaines années, car j’ai maintenant 55 ans. C’est une continuité de carrière. J’espère pouvoir participer à ma façon au bon fonctionnement de l’équipe, soit par la gestion. Je suis tellement emballée par tous les services que l’Équipe de santé familiale offre à la communauté. C’est vaste et ça grandit tout le temps. Je suis heureuse de faire partie d’une équipe qui semble être motivée à toujours en donner plus, à dépasser les attentes des patients et résidents.

Aussi, étant donné que ça faisait 20 ans que j’étais dans un service résidentiel où on a les mêmes clients pendant un certain temps, qui dorment sur place, j’étais curieuse de fonctionner à l’intérieur d’un service qui ne l’est pas. Pour moi, c’était de voir comment ils parviennent à offrir tous ces services-là dans un horaire très différent.

LN : C’est une grosse courbe d’apprentissage ? DP : Oui, ça l’est, mais je pense que ça va bien aller et assez rapidement étant donné que j’ai de l’expérience dans le domaine de la santé. Il y a quand même beaucoup de choses que je comprends déjà. Par contre, il y a quand même beaucoup de choses à apprendre.

LN : Comment ça va jusqu’à maintenant ? DP : Ça fait seulement quelques jours. Je n’ai pas eu la chance de venir beaucoup avant d’entrer officiellement en poste. Donc j’étais un peu nerveuse lundi, mais l’accueil a été super. Je ne connaissais pas les gens, de nom seulement. Tout le monde a été très accueillant. Les employés ici sont excellents.

LN : Et eux aussi devaient être un peu nerveux ? DP : Absolument. Je pense que n’importe qui qui change d’employeur fait face à une certaine insécurité. Mais je tente de les rassurer ; moi je suis ici pour les guider. Ils savent déjà ce qu’ils ont à faire et ils le font extrêmement bien. Ils fonctionnent bien dans une atmosphère où ils peuvent grandir et apporter des idées. C’est eux qui ont l’expertise. La mienne est ici, dans mon bureau.

LN : Selon vous, qu’est que vous apportez à l’équipe ? DP : C’est certain que mon expérience dans le domaine de la santé apporte une grande compréhension de différents enjeux. Je faisais déjà affaire avec de nombreuses agences. Je suis aussi au courant de la transformation du système de santé que le gouvernement Ford entreprend. Mais il y a toujours des défis dans ce domaine. Que ce soit n’importe quel gouvernement, quelque part, ils veulent toujours transformer le système de santé pour le rendre plus efficace, moins couteux. Et chacun le fait à sa façon. Par contre, le gouvernement présent vise de gros changements. Donc il faut s’assurer que les services demeurent en place et qu’on peut en ajouter aussi au besoin. On doit être à l’affut des besoins et d’être en mesure les satisfaire.

LN : Quels sont vos objectifs ? DP : J’ai déjà des dossiers qui m’ont été assignés, dont les Équipes Santé Ontario que le gouvernement met en place dans la province. On ne peut pas fermer la porte à rien, mais on va travailler d’arrache-pied pour garder notre équipe locale parce que notre population est particulière. On a une grande population francophone et une étroite collaboration avec une communauté autochtone. On connait les besoins de notre population et ils ne sont pas pareils comme ailleurs. C’est donc un enjeu très important. Mais ça ne se fera pas demain matin, ça peut prendre plusieurs années. Et d’autres dossiers encore trop nouveaux pour en parler.

Ma vision était de me rapprocher de cet environnement, d’être plus près des besoins des gens de manière plus générale. À la Maison Renaissance, les clients viennent souvent de l’extérieur. Et je souhaitais me rapprocher, faire partie de quelque chose de plus directement local.

LN : C’est quoi être un bon gestionnaire ? DP : C’est quelqu’un qui veut faire avancer les choses, qui est à l’écoute des besoins en passant par l’intermédiaire des médecins, entre autres. C’est avoir confiance que les professionnels qui sont en place ont l’expertise pour répondre à ces besoins-là, et de les aider à s’épanouir dans ce qu’ils font, et à garder le gout de faire ce qu’ils font. Le domaine de la santé, ça n’est pas toujours joyeux. Qu’on parle de problème de santé physique ou mentale, ça peut être lourd. Alors ça nous prend des professionnels de la santé qui sont engagés, motivés, et qui veulent aider. On a un programme d’aide aux employés en place. Ce n’est pas parce qu’on travaille dans le domaine de la santé qu’on n’a pas de problèmes. Alors on veille à ce que nos gens soient bien. Il faut être conscient de ça, qu’on travaille avec des humains. On doit aussi s’assurer que les ressources sont utilisées adéquatement.

LN : Les gens ne vous connaissent pas beaucoup. C’est qui Danielle Plamondon ? DP : C’est vrai, les gens ne me connaissent pas et ça m’a surpris. Mais au fond, c’est parce que je ne suis pas sorteuse. Je viens de Mattice et je connaissais juste les gens au travail en ville. Je suis déménagée à Hearst il y a 15 ans. J’habite avec mon conjoint, j’ai deux enfants et un petit-fils de 12 ans. Je déteste le froid, donc je ne fais pas grand-chose l’hiver. Et l’été, je vais dans le bois et j’aime le camping. J’ai découvert la peinture il y a quelques années, même si j’en fais moins dernièrement, en suivant des cours sur YouTube. J’ai une de mes toiles, un hibou, qui me suis partout, comme s’il veille sur moi. J’ai déjà aimé voyager, mais plus je vieillis, moins j’ai le gout d’aller à l’étranger. Bref, je suis une personne tranquille.