En octobre, trois jeunes filles ont pris la décision de faire un voyage humanitaire au Ghana avec l’organisation Dream Care Africa. Hanna et Cloé Côté-Veilleux ainsi que Emily Thibodeau, 17 ans, ont passé les Fêtes, soit du 15 au 30 décembre, à travailler dans un hôpital.

Par Sophie Gagnon

Elles étaient ensemble dans une pouponnière pour leur première semaine afin de voir quel département les intéresserait pour la seconde.Les deux premiers jours ont été plus touristiques, question de savoir où elles sont et s’acclimater au nouvel environnement.

Parlant de s’acclimater, la température est dans les 30 degrés Celsius jour et nuit, ce qui rend le sommeil ardu. Les rues sont pleines de chèvres et de gens. Les enfants jouent dehors pieds nus. Elles ont visité la ville, le Independance Square, le village des pêcheurs. Elles ont même eu une leçon de tambour. La cour arrière est dotée de hamacs et d’une piscine sans eau.

« C’est bien ici. On remarque certaines différences du Canada, surtout en santé et sécurité ! », rapporte Cloé. Et les insectes, incluant les scorpions, aussi apportent une certaine appréhension : les filles dorment avec un filet tous les soirs, mais ont quand même réussi à avoir de la visite inopportune la deuxième nuit. Ajustement fait !

La nourriture suscite bien des réactions curieuses, et les aventurières aiment la découverte. Emily, Hanna et Cloé avaient hâte de commencer à travailler. « L’hôpital ne ressemble pas aux nôtres. Il y a des gens partout. C’est assez pauvre et pas très sanitaire comme endroit. »

Les étudiantes avaient demandé de l’aide pour payer le voyage et aussi pour des dons à l’orphelinat. « Quelle générosité ! Avec les dons amassés de notre famille et d’amis, nous avons payé quelques frais comme de la nourriture, le logement et du transport. Nous donnerons des objets tels que vêtements, filets anti-moustiques et autres à l’orphelinat », rapporte Cloé.

Pour les parents restés ici, ce n’est pas de tout repos. « Le dimanche du départ fut un mélange d’émotions (à l’aéroport de Timmins). Lorsque la porte de l’avion a été fermée, j’ai réalisé que nos filles partaient très loin pour un pays inconnu. Qu’avais-je fait ? À ce moment, un sentiment de peur s’est pointé vigoureusement. J’aurais tellement voulu que l’avion s’arrête ! Après avoir versé plusieurs larmes, nous avons repris la route pour notre maison », nous confie Chantal Côté, qui a fait la route avec Jennifer Bernier Thibodeau. Elles ont suivi le vol jusqu’à ce qu’une amie au Ghana leur confirme l’arrivée des filles, soit vers 5 h 30 du matin, heure de l’Est.

Les photos sur Facebook servent à rassurer les parents, dans une certaine mesure. Sur une photo, Chantal, mère de Hanna et Cloé, demande si c’est un dépotoir qu’on voit, et on lui répond : « Non !! C’est des maisons. Il y a des gens qui vivent là ! » Des rues bordées de fossés creux en ciment, juste en face de leur résidence, n’aident pas non plus.

« Nous sommes très contents et même soulagés lorsque nous communiquons, surtout lorsqu’elles ajoutent des photos. Cela nous permet de savoir que tout va bien ! Aussi, on peut vivre un peu avec nos filles la vie à Accra. Elles en profitent pour vivre des expériences africaines. En fait, nous les encourageons… tout en étant sécuritaires », ajoute Chantal.

« J’avoue que je les trouve courageuses ! Et je suis vraiment reconnaissante pour la technologie », dit Jennifer. Grâce aux messages texte, à Facebook et aux appels de vive voix une fois par jour, les parents restent connectés.

Toutes deux enseignantes au Pavillon Notre-Dame, Chantal et Jennifer ont organisé une rencontre via Skype dans leurs classes de 2e et 3e année pour donner aux élèves l’occasion de poser des questions. « Honnêtement, la maison est grande, mais nous sommes tellement contents pour elles que cela compense. Je t’avoue que les journées des Fêtes, surtout celles du 24 et du 25 décembre, ont été différentes. Nos filles n’étaient pas assises avec nous à la table pour notre souper de famille.

C’était un choix de famille ! Hanna et Cloé ont vécu des traditions africaines avec des gens généreux. En fait, elles planifiaient d’assister à la messe de Noël », continue Chantal.

Jennifer ajoute : « J’avoue que je m’ennuie, mais je suis bien contente qu’elles vivent cette expérience extraordinaire. »

Le voyage est rempli de défis, d’apprentissage et elles en voient de toutes les couleurs.

« Présentement, Hanna et Cloé sont épatées de leur expérience. Elles grandissent beaucoup, et ce, en aidant les gens autour d’elles. Quelle fierté ! Nous avons confiance en nos filles ! C’est incroyable de constater toutes les expériences de vie qu’elles vivent ! Aventure ! Débrouillardise ! Courage ! »