Environ 54 % d’enseignants du niveau primaire ontariens auraient été victimes d’actes de violence durant l’année scolaire 2017-18. Un pourcentage «alarmant» affirment les chercheurs de l’Université d’Ottawa à qui se sont confiés près de 1700 professionnels du milieu.

Cette violence serait en croissance constante depuis quelques années, selon les professeurs responsables de l’étude Chris Bruckert et Darcy Santor. En 2005, un sondage de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) nous apprenait que 36 % des enseignants disaient avoir subi de l’intimidation par un élève — et 22 % par un parent — au moins une fois durant leur carrière.

«Les répondants à notre sondage rapportent des taux plus élevés dans la seule année 2017-18 que dans l’étude plus ancienne [de la FEESO] qui demandait aux enseignants de dire ce qu’ils ont vécu durant l’entièreté de leur carrière», écrivent les chercheurs.

Bruckert et Santor ont noté que les différentes formes de harcèlement sont particulièrement répandues dans les écoles ontariennes. Près du trois quarts des participants à l’étude ont répondu avoir reçu «des insultes verbales», «des remarques désobligeantes et/ou humiliantes» ou encore des «gestes obscènes» de la part d’un élève en 2017-18. Plus de 40 % ont été la cible de tels gestes de la part d’un parent.

Ces incidents seraient également fréquents, en moyenne 8,5 fois par un élève durant l’année scolaire 2017-18 – 2,77 fois par un parent. «Un élève m’a lancé des injures, m’a traité de menteur et a impliqué ses parents dans ce traitement. La mère m’a traité de noms et m’a harcelé verbalement», écrit un des répondants au sondage.

«Des parents m’ont crié dessus pendant une demi-heure à propos d’un rapport de progrès. J’avais indiqué que leur enfant “progresse bien”», écrit un autre enseignant.

Pour répondre à ce problème qui prend de l’ampleur, les chercheurs de l’Université d’Ottawa recommandent notamment d’octroyer des ressources pour les besoins des enseignants en matière de santé mentale et psychologique, ainsi que «l’adoption d’une approche de santé publique pour étudier et s’attaquer aux facteurs qui influencent le niveau de harcèlement de violence à l’endroit des enseignants d’écoles primaires».