Le tout premier guide du genre a été publié par Santé Canada en 1942. Il s’agissait alors de prévenir la malnutrition et les déficiences qui sévissaient depuis la 1ère guerre mondiale, a souligné la nutritionniste Andréanne Cantin rencontrée au sujet des changements apportés. Les différentes recommandations visent à orienter les gens vers une meilleure façon de s’alimenter, et le guide prend en compte les besoins actuels de la population, précise-t-elle, ainsi que les avancées scientifiques dans le domaine. Plusieurs versions du guide ont vu le jour mais le même objectif a été maintenu tout au long : la bonne alimentation de la population canadienne.

Le principal changement s’est fait au niveau de la composition de l’assiette santé proposée aux gens pour chaque repas: il n’est plus question de 4 groupes alimentaires, ni de contrôle de portions, ni de tranches d’âge. L’assiette est maintenant divisée en trois catégories, avec une moitié réservée aux fruits et légumes (à consommer en abondance), l’autre moitié elle-même comprenant deux sections : une pour les aliments protéinés, l’autre pour les aliments à grains entiers. Les protéines végétales sont favorisées comparées à celles d’origine animale, donc il faudrait avoir quelques repas végétariens par semaine, explique Mme Cantin. L’eau est conseillée comme le breuvage de choix au cours du repas, même pour les plus jeunes. Autrement dit, de la variété tous les jours, tout en respectant les proportions indiquées entre fruits/légumes, protéines et grains à chaque repas, soit ½ fruits et légumes, ¼ protéines, ¼ grains entiers dans notre assiette.

« Le guide alimentaire est un outil d’éducation, ajoute-t-elle. Quand je fais des consultations avec mes clients, mes recommandations sont basées là-dessus et il y a beaucoup d’informations importantes dans ces deux pages. » Santé Canada conseille aussi de « prendre conscience de nos habitudes alimentaires, de cuisiner plus souvent, de savourer nos aliments, de pendre nos repas en bonne compagnie, d’utiliser les étiquettes des aliments, de limiter la consommation d’aliments élevés en sodium, en sucre ou en gras saturés, et de rester vigilants face au marketing alimentaire. » Car, disent-ils, « Une alimentation saine, c’est bien plus que les aliments que vous consommez », rejoignant en cela l’orientation du guide alimentaire brésilien publié il y a quelques années qui prenait en compte de façon indissociable la santé des individus et la protection de l’environnement.

Un constat, toutefois. Le dernier guide alimentaire sorti en 2007 avait aussi mis l’accent sur l’activité physique. Il soulignait les avantages d’en faire pour favoriser « une meilleure santé globale, une diminution du risque de maladies, un poids santé, une sensation de bien-être et une meilleure apparence, un regain d’énergie, et un renforcement des muscles et des os. » On recommandait, par ailleurs, aux adultes « d’accumuler de 30 à 60 minutes d’activités modérées chaque jour, aux enfants et aux jeunes, au moins 90 minutes par jour. » Rien n’est mentionné sur ce sujet dans le nouveau. À partir de tout ce qui précède, on comprend l’aspect « bien manger » du titre du feuillet. Mais « bien vivre »?