Revenue vivre à Hearst après plusieurs années hors des murs de notre cité, Sophie Gagnon ne s’est pas amenée les mains vides. S’appuyant sur ses études et expériences professionnelles comme formatrice pendant 20 ans, elle offre depuis quelques années ses services aux entreprises et organismes, à travers l’animation d’ateliers, en développement tant professionnel que personnel. Le Nord a rencontré l’entrepreneure derrière Gaia within / Gaia en nous.

LN : Comment ont commencé vos activités en milieu corporatif ?

SG : Je voyais qu’il y avait un besoin, surtout par rapport à la communication, au bien-être au travail. C’est l’une des facettes que j’aime explorer au niveau corporatif, car il y a une variété de choses qu’on peut faire, comme des ateliers d’une heure, de deux heures ou d’une demi-journée très pratico-pratique. Ceci pour créer un environnement de travail sain, selon les besoins des gens.

LN : Les entreprises vous sollicitent ou c’est vous qui proposez une formation ?

SG : Ça peut aller dans les deux sens. Pour l’instant, ce sont les entreprises qui m’approchent, éventuellement, j’irai les voir. LN : Quels sont les thèmes les plus en demande ?

SG : La communication, c’est vraiment énorme. Savoir la faire, savoir s’adapter à la communication des autres. Tout ce qui est bien-être au travail, car aujourd’hui le gros fléau c’est le burnout, c’est vraiment une maladie de notre époque. Les gens travaillent tellement que le burnout, la dépression et l’anxiété sont très prévalents. C’est toujours dans le but de prévenir ces choses-là, de donner des outils pratiques aux gens pour remonter la pente aussi. Pour avoir vécu moi-même un gros burnout dont j’ai mis quatre ans à me remettre, je sais de quoi je parle.

LN : Abordez-vous aussi le thème de la gestion, ou de la prévention, des conflits ?

SG : Oui, on en parle dans les cours de communication et de gestion, surtout la gestion positive. Le conflit est toujours une opportunité de grandir, et un ancien professeur disait que chaque employé difficile est un cadeau, car c’est une opportunité de sortir de la zone de confort. Donc, on voit ensemble ce qu’on peut faire dans ces situations pour régler les conflits, mais surtout les éviter. Je partage plein de trucs avec les gens, parfois c’est un rappel pour eux, souvent ce sont des informations nouvelles.

LN : Y a-t-il un type de problème particulièrement courant à Hearst ?

SG : Oui, le burnout. Il y a énormément de gens qui brulent la chandelle par les deux bouts et qui sont vraiment fatigués. Dans tous les domaines, tant au privé qu’au public, il y a de plus en plus de choses à faire, et la compagnie n’a pas forcément les moyens ou les ressources pour avoir plus de personnel. Les employés se ramassent avec de plus en plus de responsabilités, il y a aussi beaucoup de roulement parmi la ressource humaine, donc moins d’employés qui ont de l’expérience, la technologie qui embarque… Il faut constamment s’adapter à ces choses et ça devient très, très épuisant. Il y a donc beaucoup d’épuisement professionnel et je le vois dans ma pratique ici. C’est un thème qui revient souvent, mais c’est pas juste le travail. On combine avec des enfants qui font trois activités différentes, donc on se promène partout, avec cette espèce d’addiction à toujours faire. Les gens ont trois jours off, ils s’en vont à l’extérieur de la ville, au camping, et reviennent fatigués. On a le droit de ne rien faire, il faut ralentir la machine, prendre le temps de s’arrêter, de respirer. Il y a toujours assez d’heures dans la journée, il faut prendre le temps d’être dans le moment présent. Souvent, les gens sont toujours à planifier ce qui s’en vient. Oui, il faut le faire, mais une fois qu’on a fait notre liste, est-ce qu’on peut être dans le moment présent ?

LN : Les gens sont réceptifs à ces notions, tant employés qu’employeurs ?

SG : Je dirais que oui, mais il y a des résistances et beaucoup de fatalisme : « c’est comme ça, ben c’est comme ça. » Surtout au niveau des employés, par exemple. Des fois ils ne se sentent pas écoutés, des fois c’est juste la réalité financière des choses. Des fois les gens sont épuisés parce qu’ils ont des standards de perfectionnisme incroyables, d’autres fois, c’est parce que le travail d’équipe n’est pas fait de façon optimale et chacun se ramasse avec une grosse charge. Ce sont toutes des choses à prendre en considération. Pour les employeurs, c’est voir comment je peux leur offrir des outils, pour que les gens sortent avec ce qu’ils ont besoin. J’aime qu’ils soient présents aussi pour qu’ils voient les deux côtés de la médaille, car personne n’est parfait, on a tous des choses à apprendre. En général, les commentaires, les évaluations sont positifs après les formations, car les gens repartent avec des outils concrets pour changer des choses en retournant au bureau. Si je devais résumer, je dirais qu’il s’agit de ramener le respect au travail pour un milieu de travail sain et productif.