Qu’on le souhaite ou non, arrive toujours le moment où il faut dire adieu à des parents ou à des amis, d’où la grande utilité d’un salon funéraire. L’entreprise familiale de messieurs Lafrance père et fils a accompagné les familles de la communauté dans ces moments d’épreuve pendant plus de 60 ans, jusqu’à sa vente. François Lafrance s’apprête à laisser Hearst définitivement.

La mise sur pied du salon mentionné remonte à 1956 par Jean-Noël Lafrance, natif de Saint-Eugène, venu s’établir ici. La gestion en fut reprise par son fils François bien des années plus tard, en 1986, suite à la maladie du père, d’autant plus que celui-ci avait suivi la formation requise en thanatologie par la loi pour obtenir le permis de fonctionnement. « Ce n’est pas une entreprise qui est très, très gaie. Le téléphone sonne souvent à des heures impossibles au milieu de la nuit et tu sais déjà que c’est pas de bonnes nouvelles à propos de gens que tu connais. Et en vieillissant, c’est pire, ça se rapproche, c’est des connaissances, des amis, ça pourrait être la famille », confie-t-il.

Toutefois, il n’en a pas gardé de mauvais souvenirs, ayant par contre « connu des moments difficiles lors d’appels du coroner pour des morts subites par accident de la route, où des familles passaient vraiment de mauvais quarts d’heure; on se trouve au milieu de ça et il faut essayer d’aider ». Sa fille n’a pas pris la relève, choisissant de faire autre chose après avoir suivi le cours elle aussi, et même travaillé quelque temps avec lui.

Un aspect important du travail au regard des familles touchées, selon François Lafrance, « c’est d’organiser des funérailles qui veulent dire quelque chose pour eux autres et s’en tenir au scénario convenu ». Il intervenait que ce soit pour un enterrement traditionnel ou une incinération, rappelant qu’au début, il n’y avait pas de crématorium en ville. Cela prenait donc une coordination et des services pour aller porter un corps à Matheson, le lieu le plus proche offrant cette commodité. De façon générale, l’entreprise était contractée pour 66 décès en moyenne par an, pour une population d’environ 10 000 personnes réparties entre Constance Lake, Hearst et Mattice. De légères différences se constatent au niveau des procédures religieuses en fonction de la dénomination concernée, selon M. Lafrance, sinon c’est pareil pour le reste. Une contrainte matérielle existe, par contre, quant au délai de réalisation des funérailles : avec les deux seules places de la morgue de l’Hôpital Notre-Dame, elles doivent être célébrées en l’espace d’une semaine. En cas d’incinération, cependant, les cendres peuvent se garder dans une urne pour une cérémonie à une date ou une saison ultérieure jugée plus favorable par les familles concernées.

Comme déjà mentionné, François Lafrance a pris la décision de déménager dans le sud de la province pour se rapprocher de ses enfants. « Ce n’était vraiment pas dans mes intentions; on propose et puis la vie dispose. » Il a eu aussi un mot au sujet des gens de notre communauté : « J’ai apprécié le support qu’ils m’ont apporté. Ils m’ont fait confiance dans leurs moments difficiles, et j’espère que j’ai été digne de cette confiance ».

Bonne retraite à vous, François Lafrance!