Quand une carrière se termine, ce n’est pas nécessairement la fin du travail en ce qui concerne Danielle Coulombe, la toute récente ex-directrice générale du Centre d’archives de la Grande Zone argileuse. Depuis le 1er mai dernier, elle est officiellement à la retraite, mais lorsque le travail se confond avec une passion, il est très difficile d’écrire le mot « fin », même si l’aventure a duré 40 ans.

LN : Alors, qu’en est-il pour vous maintenant ?

DC : J’ai des projets de recherche qui vont se poursuivre, à partir de l’automne je me promets de retourner dans certains de mes dossiers.

LN : Donc c’est la carrière qui s’arrête, pas le travail ?

DC : Oui, si on veut. Je m’intéresse depuis déjà plusieurs années à l’histoire de l’industrie forestière dans notre région et je vais continuer sur cette lancée. D’autant plus que l’an dernier, j’ai eu le privilège de monter avec un collègue, Jacques Poirier, professeur de littérature, un cours qui portait sur les évènements de Reesor Siding, la grève qui a mené à la fusillade. C’est une chose que j’ai toujours souhaité faire et l’occasion se présentait cette année, entre autres, à cause du nouveau modèle de cours en bloc, mais aussi grâce au Centre d’archives. On a reçu des documents qui m’ont permis de participer à ce cours pour l’aspect historique, alors que lui, mon collègue, travaillait en littérature. Il y a un certain nombre de choses qui ont été publiées sur le sujet en littérature, mais, à partir des documents qu’on a maintenant, c’est possible d’établir toutes sortes d’autres liens qui débordent l’évènement lui-même. Ce qui permet de mieux comprendre toute l’histoire de la région au niveau de l’industrie forestière, l’histoire des travailleurs à partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’aux années 60, après les années 50 où l’on subit de grandes transformations dans cette industrie-là, et le choc nous arrive jusqu’en 1963.

LN : Vous restez une personne occupée ?

DC : Ce projet-là, c’est vraiment un projet de retraite que je vais faire à mon rythme et qui me passionne. Ce n’est pas parce qu’on laisse le travail qu’on laisse derrière nos passions. J’ai aussi des projets de voyage, entre autres. Mon conjoint et moi on aime voyager, c’est sûr que cet aspect-là va prendre plus de place. J’aime beaucoup la nature et nous faisons plusieurs activités en plein air, ça va prendre aussi plus de place dans ma vie, car ce sont des choses que j’aime énormément.

LN : Qu’est-ce qui risque de vous manquer ?

DC : Beaucoup de choses… les gens du Centre d’archives et de l’Université qui y travaillent depuis des années. Pour le Centre, chaque fois que je recevais un fonds, une collection, je découvrais toutes sortes de nouvelles choses que je ne découvrirai plus, parce que là, si mon projet de recherche prend forme, je vais m’enligner vraiment là-dedans et ne plus toucher à tout ce que je touchais avant. C’était les arts, la culture, toutes les organisations, c’était les institutions; les documents qu’on reçoit touchent toutes sortes d’aspects du vécu de la région. Cet aspect-là va certainement me manquer.

LN : Qu’est-ce qui ne vous manquera pas ?

DC : Ce n’était pas difficile pour moi de venir travailler, et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de partir aussi, car il faut le faire quand ça nous plait encore. Je vais avoir plus de liberté pour d’autres choses qui me plaisent aussi.

LN : Un regret quelconque ?

DC : Avoir eu cet emploi un peu plus jeune, mais en même temps j’ai été très heureuse dans toutes les tâches que j’ai eues à l’Université.

LN : Le mot de la conclusion pour vous ?

DC : L’Université de Hearst a d’abord été mon alma mater, et c’est l’institution à laquelle j’ai consacré ma vie professionnelle, donc il y a un attachement ben, ben particulier. Donc je souhaite longue vie au Centre d’archives, évidemment, et toute la prospérité possible à l’Université de Hearst !

LN : Belle retraite à vous !