Musicien, compositeur et chanteur country talentueux de notre communauté, l’artiste est bien connu dans le Nord ontarien et au-delà. Gérald n’avait que six ans lorsqu’il commença à chanter à l’école, et à la maison, ce que ses deux sœurs faisaient aussi. Il lui est par la suite arrivé de chanter avec l’une d’elles, surtout au temps des Fêtes. « J’ai toujours aimé chanter », dit-il.

À l’adolescence, Gérald s’est mis à la guitare et l’un de ses beaux-frères l’aida à apprivoiser l’instrument. « J’suis pas un grand musicien. Je chante mes chansons et je m’accompagne ». Bien que maitrisant par cœur un répertoire de plus de 200 chansons françaises country, avec quelques-unes de bluegrass, il finit par en composer une quinzaine aussi lui-même. Ce qu’il dit trouver bien facile à faire : « J’ai pas d’misère avec ça, pantoute », affirme-t-il tranquillement. M. St-Pierre en a écrit certaines à propos de son travail de camionneur accompli pendant 45 ans, chantonnant lorsqu’il s’en allait sur les routes. C’est ainsi qu’est né Seul dans mon camion et une autre pour sa femme où il dit ceci au refrain :

Je suis un homme heureux sur cette terre Je remercie Dieu éperdument De m’avoir donné ma p’tite femme adorée Dont je ne pourrai jamais me passer.

Sa femme aime beaucoup la chanson, confie Gérald St-Pierre, parce qu’elle sait qu’il dit vrai. Il a participé à de nombreux festivals, particulièrement au Québec, où il a remporté des premières places laissées à d’autres, comme à Yamachiche, précise-t-il. Ce pour une raison bien simple : il voulait pouvoir régulièrement retrouver sa femme à la maison, ne pas la laisser longtemps seule, ce qui pour lui ne cadrait pas avec la vie d’artiste. M. St-Pierre n’a donc eu aucune hésitation à établir sa priorité. Il s’est rattrapé en jouant dans la communauté, soit au Foyer des Pionniers, à la Maison Renaissance et autres, pour des veillées et pour les Fêtes.

Parmi les chanteurs country qui ont fait sa joie, il cite Johnny Cash, Marcel Martel, Willy Lamothe, Paul Brunel, et j’en passe. Certaines chansons l’ont davantage marqué que d’autres, comme Living on love, Linda on my mind, I hear the train coming. Gérald St-Pierre ne cache pas que l’amour est très important pour lui parce que « c’est avec l’amour qu’on reste ensemble ». Il admet qu’il y a des hauts et des bas, que voir sa femme malade a changé sa vie, mais pour lui, l’amour aide à passer à travers tout ça en donnant le gout de vivre. On ne peut qu’être d’accord avec lui !