Plusieurs jeunes entrepreneures se font remarquer dans la communauté. Parmi elles, Claudia Jolin, dont le salon Scissors and Needles offre coupe de cheveux, rasage de barbe à l’ancienne, perçage corporel (piercing) et tatouage permanent. Elle nous a reçus en son local de la rue George.

Madame Jolin a d’abord pensé poursuivre des études en arts à l’Université d’Ottawa, mais n’ayant pas aimé les cours et doutant d’arriver à quelque chose avec ce bac, elle partit s’installer à Timmins.

Là, il n’y avait que la formation en coiffure qui était offerte et elle s’est inscrite. À sa grande surprise, elle devint assez vite la meilleure de sa classe, selon ses dires, s’étant découvert un grand intérêt pour les cheveux. Explorant d’autres aspects du domaine de l’art corporel, elle se rendit à Montréal pour deux apprentissages à la fois pendant un an, le piercing et le tatouage, une façon aussi de continuer à faire du dessin, et à faire ce qu’elle aime.

Tout ne fut pas le fun, cependant, car en étant une apprentie, on doit faire ces autres tâches que l’artiste n’aime pas ou n’a pas le temps d’effectuer, comme le ménage, stériliser des instruments ou répondre au téléphone, explique-t-elle. Le piercing ne l’emballait pas plus que ça, le trouvant moins artistique que le tatouage. La pratique de ce dernier se fait sur une imitation de peau humaine. Un ajustement de la technique est donc nécessaire dans la réalité, car les gens sont sensibles, bougent aussi pendant la réalisation du motif sur leur corps, sans compter qu’on ne peut repasser cinq fois au même endroit pour corriger.

L’aspect pratique intéressant pour Claudia Jolin a été le fait que les mêmes outils sont utilisés tant pour le piercing que pour le tatouage. Aujourd’hui, après cinq ans d’expérience dans le métier, elle sait avoir les mains assurées pour exercer son art comme il le faut. Par contre, certains problèmes peuvent survenir sans qu’on puisse les empêcher.

Madame Jolin a mentionné que le corps peut rejeter certaines pièces utilisées en piercing, réagissant contre l’intrusion d’un élément étranger dans 50 % des cas, pour une raison inconnue. Mais elle a aussi souligné l’emploi thérapeutique du piercing pour des cas de migraine ou autres, en se basant sur des points d’acuponcture avec de beaux résultats, semble-t-il, même si cela n’atteint pas les 100 %. Des phénomènes d’allergies peuvent également survenir dans le tatouage, notamment dans l’utilisation de l’encre rouge, ou des cas d’irritation par manque de soin de la zone concernée lorsqu’elle devient trop sèche, ou si exposée aux bactéries ou au soleil dans le mois qui suit le tatouage.

Qu’on ne s’y trompe pas, cependant. Le cheveu reste la passion de Claudia Jolin, ce à quoi elle se consacrerait volontiers à plein temps, dit-elle, surtout le travail de coloration style funky. Son apprentissage a été fait sous la supervision de Sandra Girard (Special Effects) et elle estime qu’elle n’aurait pu mieux tomber. « Mais j’aime changer, je ne veux pas tout le temps faire la même affaire », même si tatouage et piercing sont populaires dans la communauté, au point où elle pourrait ne faire que cela, affirme Claudia. La preuve, elle est déjà bookée jusqu’à décembre, et pour les samedis, jusqu’à février. Et, bien sûr, elle n’accepte plus de nouveaux clients pour les soins de cheveux.

Il n’y a pas à dire : quand ça marche, ça marche, et c’est tant mieux !