En activité depuis six mois, le journal bilingue de Kapuskasing, La Presse communautaire/The Community Press, suspend ses activités pour une durée indéterminée. Le dernier numéro a été publié le 29 mai.

«Ce sont les couts d’exploitation qui sont trop élevés pour les revenus qu’on a», explique le directeur général, Claude Chabot, au Voyageur. «Juste l’imprimerie, ça coute les yeux de la tête.» Le journal était imprimé à Islington, dans le Grand Toronto, il fallait donc ajouter des couts de transport sur plus de 800 km pour rapporter le journal à Kapuskasing.

«C’est dommage, parce que le journal était bien reçu dans la communauté», ajoute-t-il. Le journal était distribué gratuitement à 5700 copies dans la région d’Opasatika à Smooth Rock Falls, un corridor de 100 km où la population est de 65 à 95 % de langue maternelle française, selon les villages.

La Presse communautaire est née après la fermeture de l’hebdomadaire Northern Times l’an dernier. Le projet était appuyé par Radio Kap Nord Communications Inc. (RKNC) et son conseil d’administration.

«C’est une décision qui n’a pas été prise à la légère», a déclaré la présidente de la radio communautaire, Nicole Fortier-Levesque sur le site du journal. «Tous les membres du conseil d’administration croient de tout cœur à ce projet et nous sommes très fiers du produit présenté par l’équipe […] et de la qualité de son accueil par la communauté. […] Malheureusement, le modèle actuel n’est tout simplement pas viable financièrement.»

Plusieurs scénarios ont été étudiés pour couper dans les dépenses, mais le journal fonctionnait déjà avec les ressources minimales, rapporte le M. Chabot.

Sur Facebook, des lecteurs disaient être prêts à payer pour un abonnement, mais le directeur n’est pas convaincu que c’est la solution. «Cette semaine il est gratuit et la semaine prochaine tu l’achètes… je ne le sais pas si la communauté [embarquerait], mais c’est garanti que si on le vend, ça ne voudra pas dire qu’il y aura 5700 personnes qui vont l’acheter.»

M. Chabot dit maintenant attendre de voir ce que le gouvernement fédéral va annoncer pour la distribution de l’aide financière promise dans le budget du printemps, mais il ne retient pas son souffle : «J’ai l’impression que ça va aller après les élections.» Cependant, pour l’équipe du journal, ça semble être la seule solution réaliste.