Depuis un certain temps, les médias conventionnels autant que les médias sociaux sont envahis par des slogans simplistes antisocialistes. On proclame que le Canada ne sera jamais un pays socialiste et que les activistes de la gauche sont antipatriotiques et contre les vraies valeurs canadiennes.

La droite bien-pensante proclame du haut de son piédestal que les gens de la gauche sont paresseux, profiteurs du système et qu’il n’y a que la droite qui pourvoit à l’économie du pays. Il semble que ce dangereux mouvement idéologique vers l’extrême droite a choisi comme leader Donald Trump. Cet inculte président improvisé discrédite impunément les institutions garantes des libertés individuelles, se fout de la presse et de l’objectivité, s’attaque aux piliers du système judiciaire et accorde une légitimité à l’intolérance et la violence.

Les Européens ont connu l’application de ces doctrines de la droite militaristes et racistes et ils en ont encore des cauchemars et des cicatrices. Ils se souviennent de l’endoctrinement. L’Amérique du Nord, quant à elle, n’a pas connu les affres que le fascisme et le nazisme ont fait subir à l’Europe et à l’Orient, et puisqu’on n’enseigne pratiquement plus l’histoire et la philosophie dans nos écoles nord-américaines, le danger que ressurgissent chez nous ces idéologies de l’extrême droite existe bel et bien.

On diabolise le socialisme et on l’affuble de tous les torts sans même en connaitre l’essentiel. C’est de l’ignorance flagrante. Je ne m’attends pas à ce que les gens de l’extrême droite aient lu Le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau ou Le Capital de Karl Marx pour comprendre le socialisme, ce serait au-dessus de leurs capacités intellectuelles limitées, mais ils devraient au moins savoir ce que le socialisme a apporté aux Canadiens. Les soins de santé accessibles à tous, l’éducation gratuite jusqu’à l’université, l’assurance chômage, le bien-être social, la sécurité au travail, les transports en commun, la salubrité des villes, les garderies pour la petite enfance, le droit de vote universel, les maisons de retraite, les soins de longues durées, tous les services sociaux, la liberté de parole et de la presse, la reconnaissance des acquis scientifiques, la protection de l’environnement, l’entraide sociale (ex. : la communauté qui se mobilise pour l’achat du CT Scan de l’hôpital), le bénévolat et j’en passe : toutes ces améliorations à la vie des citoyens se sont faites démocratiquement, au sein d’un système capitaliste, sans révolution et sans effusion de sang. Pourtant, c’est du socialisme.

La droite ne peut pas en dire autant. Parlez-en à nos grands-parents qui ont vécu l’époque où, sans filet social, sans protection aucune contre les aléas de la vie, la moindre malchance pouvait entrainer la famille dans la misère noire et la famine. Les bien-pensants de la droite voudraient nous ramener en arrière avec leurs valeurs rétrogrades d’un autre siècle où le capital, de concert avec le clergé, dominait la société.

Voulez-vous retourner au cléricalisme et à la censure? C’est quand même la droite qui a imposé au Canada français « l’Index » interdisant arbitrairement d’innombrables œuvres littéraires, philosophiques, scientifiques et cinématographiques qui pourtant nous auraient été utiles. Voyez-vous, la droite aime imposer ses valeurs et ses croyances à tout le monde puisqu’elle est convaincue qu’elle en a l’autorité, le droit et le devoir, étant guidée par le Tout-Puissant.

Puisque la droite proclame avoir l’autorité divine de son côté, elle ne tolère pas qu’on s’y oppose et encourage la persécution des dissidents et la destruction des opposants. C’est la domination d’une minorité nantie sur la majorité. L’Histoire le démontre.

Eh oui, à les entendre, Dieu lui-même serait de la droite. Écoutez les évangélistes américains louanger le « clown » de la Maison-Blanche; ils sont en train d’en faire un saint, un envoyé de Dieu. Il serait, d’après eux, la réincarnation d’un roi de la Perse antique, Cyrus-Le-Grand, qui aurait libéré le peuple juif déporté de Babylone. Je vous le jure, ce n’est pas des farces, le mouvement évangéliste américain essaie vraiment de faire croire des conneries pareilles à ses fidèles, à ses zouaves. Incroyable, mais vrai. C’est hallucinant, on se croirait au moyen-âge où la superstition l’emporte sur la raison.

Je ne me suis jamais considéré comme un gars de la gauche, j’ai toujours plutôt pensé que je me situais idéologiquement au centre, un peu à gauche et un peu à droite, rien d’extrême. Mais depuis que le machiavélique Donald Trump et ses républicains dogmatiques ont pris le pouvoir à Washington, ils ont dangereusement polarisé les opinions et radicalisé la droite et, moi, les illuminés me font peur. L’absurdité de leurs philosophies politiques, économiques et sociales me pousse inexorablement vers la gauche. Et je ne suis pas le seul. La société américaine est plus divisée que jamais entre la gauche et la droite, entre la connaissance et l’ignorance, et cette polarisation alimentée par le narcissisme de Trump et la myopie de sa bande de fanatiques favorise un clivage social qui, ultimement, fermente la violence.

Plusieurs de ses supporteurs de la « Bible Belt » se promènent littéralement avec la Bible dans une main et le fusil dans l’autre, toujours prêts à s’en prendre à quiconque ose défier leur étroitesse d’esprit. Les États-Unis ont déjà connu une guerre civile où plus d’un million d’Américains périrent dans un conflit opposant deux idéologies : l’une prônant l’esclavagisme et l’autre l’affranchissement et la liberté. Aujourd’hui, le clivage idéologique se situe entre la justice sociale et le capital, entre la connaissance scientifique et la superstition, et entre la lumière et l’obscurantisme… rien de moins! La tension sociale est palpable aux États-Unis, les factions se campent.

Trump, un ignorant de l’Histoire, condamnera-t-il son peuple à la répéter? Nous les Canadiens, on peut faire mieux… on doit faire mieux. Résistons au racisme, à l’obscurantisme et à la fabulation colportés par les infaillibles de la droite! Soyons vigilants, il en va de notre démocratie.