Bien souvent, en cas de maladie sérieuse, une diète est aussi prescrite à côté des médicaments. Il y a au moins un cas où la diète est LE médicament garantissant le retour au fonctionnement normal de l’organisme. Rencontre avec la diététicienne Andréanne Cantin (AC) sur l’importance de l’alimentation dans la maladie cœliaque.

                                                                                                                                       **LN** : En ce mois de la maladie cœliaque, pouvez-vous rappeler ce que c’est ?  

AC : C’est une maladie auto-immune, une allergie à la protéine de gluten qui affecte le petit intestin en réduisant l’absorption des vitamines et des minéraux. Elle peut atteindre n’importe qui, à n’importe quel âge.

LN : Les causes de cette allergie ?

AC : Cette réaction du système immunitaire qu’est la maladie cœliaque, elle est en grande partie génétique. Elle est souvent héréditaire et n’est pas contagieuse.

LN : Quels en sont les symptômes courants ?

AC : Il y a certaines personnes qui n’en présentent pas, donc elles sont asymptomatiques. Cela ne veut pas dire que le petit intestin n’est pas affecté et qu’on n’est pas à risque de déficiences ou de complications; veut veut pas c’est une inflammation de l’intestin. Le plus souvent, les gens ont des symptômes de diarrhée, parfois de constipation, de déficience de certains nutriments comme le fer, à cause des problèmes d’absorption, aussi des ballonnements, des gaz, et une perte de poids.

LN : Comment sait-on qu’il s’agit de maladie cœliaque et pas autre chose ?

AC : Lorsqu’on a des soupçons, il faut d’abord voir un médecin avant de commencer un régime sans gluten, sinon on peut avoir de faux résultats. Des prises sanguines sont aussi réalisées pour aider à déterminer si on est à risque de maladie cœliaque, mais le grand moyen de diagnostic c’est la colonoscopie.

LN : Quel est ou quels sont les traitements appropriés ?

AC : Le seul traitement efficace est de suivre une diète sans gluten à vie. On n’en guérit pas, parce que c’est une allergie à la protéine de gluten et qu’on ne peut jamais en consommer. On peut cependant la gérer pour éviter des complications. Cette maladie ne doit pas être confondue avec l’intolérance au gluten qui elle, se vit sur une base individuelle, sans le diagnostic établi de maladie cœliaque. Pour les deux, il faut éviter le gluten, mais, dans le cas de la maladie cœliaque, il faut aussi éviter même les traces de gluten et la contamination croisée.

LN : Concernant la diète prescrite, qu’est-ce qu’on ne peut pas manger exactement ?

AC : La liste est longue, donc on recommande de consulter une diététicienne pour éviter diverses carences en nutriments et prendre de bonnes habitudes. De façon générale, tout ce qui contient du blé comme le pain, de l’orge, du seigle et leurs variantes. Il n’y a pas de problème avec le riz, mais il faut quand même faire attention à ce qui l’accompagne, comme les sauces, les vinaigrettes, ou d’autres produits comme le bouillon qui peut contenir du gluten, ce qui contamine le riz.

LN : Autre chose à ajouter ?

AC : Seulement rappeler que dès qu’on soupçonne un cas de maladie cœliaque, il faut consulter un professionnel de la santé avant de commencer le régime sans gluten. Parce que dès qu’on le commence, cela devient plus difficile à diagnostiquer. Il vaut mieux faire les choses par étapes, de la bonne façon, pour apprendre à bien gérer la maladie cœliaque, sachant que la diète sans gluten à vie est le seul remède efficace.

LN : Merci beaucoup d’avoir éclairci les choses pour nous.