Les pêcheurs néo-brunswickois de hareng ont finalement largué les amarres aux quais de Cap-Pelé, Petit-Cap, Grande-Digue, Cap-des-Caissie et Cap Tourmentin, la semaine dernière. Ils ont eu l’autorisation de mettre les filets à l’eau jeudi, mais le poisson n’est pas encore au rendez-vous.

« On a levé les filets tous les jours depuis, rapporte Stéphan LeBlanc, de Notre-Dame, près de Moncton, mais on n’a rien pris. Il est encore tôt, car l’année passée on a eu le premier poisson le 30 avril et le 1er mai. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dont la température de l’eau et le cycle lunaire. Et il faut dire que la pêche au hareng ne va pas bien depuis plusieurs années. Même si les quotas ne sont pas élevés, on ne réussit même pas à le prendre. » Après avoir dépassé la barre des 100 000 tonnes dans les années 1980 et 1990, la biomasse du petit poisson argenté est sous le seuil critique des 20 000 tonnes depuis le début des années 2000. « Lors de réunions avec Pêches et Océans, j’avais suggéré de fermer la pêche, d’élaborer un plan de redressement et de mieux gérer la ressource. Mais on pointe souvent du doigt la prédation par le phoque gris pour expliquer la diminution des stocks et on dit que ça ne vaut pas la peine de fermer la pêche. Le taux de mortalité serait égal à ce qu’on pêche. » Lire l’intégralité de l’article sur le site du journal Le Moniteur acadien À l’est de Moncton, on retrouve quatre pêcheurs de hareng au quai de l’Aboiteau et trois autres qui pêchent à Murray Corner sont au quai de Petit-Cap. Le hareng du printemps est majoritairement acheté par Cap-Pelé Bait pour de l’appât. « L’an dernier, nous avons reçu 120 $ du quart (250 livres) et on ne nous a pas encore dit le prix pour cette année. Mais ça devrait être à peu près la même chose, car la demande est encore là », dit-il. M. LeBlanc pêche pour lui-même à bord du Natalie L. depuis trois ans. « Mais je pêche depuis que je suis très jeune, j’ai pêché avec mon père depuis 1992. J’ai aussi mon permis pour le maquereau et le homard. Mais la pêche au maquereau n’est pas très bonne, alors je vais attendre pour le homard. » Confiant, le marin pense que le hareng sera dans les filets à la fin du mois.

Crabe des neiges et homard

Toutefois, plusieurs pêcheurs de hareng du printemps et de pétoncles ont décidé de ne pas les pêcher cette année. « Moi j’ai eu un quota de crabe des neiges, témoigne Rodney Léger. Les quotas sont accordés à des groupes de quatre pêcheurs afin d’avoir moins de bateaux sur l’eau. J’ai pêché le pétoncle l’année passée avec Jean-Pierre Cormier, mais les prix étaient bas, l’essence coûte plus cher et il faut payer les hommes de pont. On n’a pas réussi à tout vendre ce qu’on avait pêché. Et la pêche au hareng ne vaut plus la peine. » Quelques autres pêcheurs ont décidé de faire de même car ils trouvent que ces pêches ne valent plus grand-chose. Ils misent sur la pêche au homard qui débutera en août prochain, sûrs qu’ils auront la chance de faire un peu d’argent avec ce précieux crustacé. En attendant que les stocks rebondissent, les harenguiers du printemps, dans l’ensemble du golfe du Saint-Laurent, pêchent environ 50 tonnes par an. Au niveau du quota, cela ressemble beaucoup à l’année passée avec un contingent de 284 tonnes métriques. Ces dernières années, la pêche se résumait à environ deux semaines. En 2017, on estime qu’il y avait une trentaine de pêcheurs et la valeur des débarquements était de 225 000 $ alors qu’on recevait 0,22 $ la livre.