Le grand décompte est commencé pour la 10e édition du Salon du livre de Hearst qui se tiendra les 9, 10 et 11 mai prochains. Le roman policier est le thème choisi cette année. Un groupe de lecture est maintenant en branle et une initiative communautaire sera présentée au cours des semaines à venir.

L’automne dernier, les organisateurs du Salon avaient interrogé la population afin de connaitre les auteurs qu’ils aimeraient rencontrer au cours de cette édition. C’est sans surprise que les répondants au sondage ont demandé les auteurs les plus connus. « La plupart des auteurs qu’on nous a demandés n’ont pas pu venir », explique Jean-Pierre Boutin, président de l’évènement.

Entre autres, cette année, on aurait aimé avoir Kim Thuy ou Christine Brouillette, mais ces auteures sont très sollicitées. « Je vais donner juste un exemple : je sais qu’il y a un auteur qu’on essaie d’avoir depuis plusieurs éditions, surtout pour la clientèle du secondaire. On lui avait parlé une fois et je pense qu’une année, il y avait 400 évènements de prévus dans les écoles. Donc, quand cette personne-là regarde qu’il faille deux ou trois jours pour se déplacer ici, c’est plus compliqué. » Il demeure que depuis 2000, le Salon du livre s’est bâti une réputation enviable qui permet d’attirer des auteurs d’un certain calibre. « Quand on parle aux auteurs qui sont venus, grâce au bouche-à-oreille, les personnes qui peuvent se déplacer le font. Ce n’est pas parce qu’ils nous snobent qu’ils ne viennent pas. Parce qu’il y en a qui aiment mieux les Salons en région, qui ont une dynamique totalement différente des grands salons », ajoute le président.

Groupe de lecture

Mardi dernier, les organisateurs ont mis sur pied un groupe de lecture en vue du Salon. Cinq auteurs de roman policier feront partie de la brochette d’invités, dont deux dédiés à la jeunesse et trois autres pour le volet grand public. « On aimerait intéresser le plus grand nombre de personnes à lire au moins un roman, ou plus, des auteurs invités de façon à impliquer la population, créer de l’intérêt, un buzz vis-à-vis les activités reliées aux romans policiers. » Plusieurs activités feront partie de la programmation, dont des tables rondes qui porteront sur des thématiques abordées par les auteurs invités. Et, par la suite, deux ateliers seront organisés le samedi 11 mai en avant-midi pour clore l’échange.
Jean-Pierre Boutin nous a appris que les romans policiers ont été longtemps snobés en littérature. « Ça été longtemps considéré comme sous-littérature ou une paralittérature. Ce n’était pas un genre noble. Ça fait à peine vingt ou trente ans que ce genre de roman s’enseigne dans les universités. Il faut dire qu’il est devenu populaire avant d’obtenir ses lettres de noblesse. »

Boites communautaires de lecture

Ce printemps, des boites de lecture seront installées aux quatre coins de la ville. En fait, on parle de huit petites maisons de livres. Le concept consiste à faire l’échange de livres, c’est-à-dire qu’on apporte un livre et on repart avec un autre. La formule est utilisée ailleurs en Ontario. « Comme le Salon du livre, ça ne remplace pas la librairie, ça ne remplace pas la bibliothèque, ça crée un engouement pour la lecture et pour les livres. Quelqu’un qui ramasse un livre et qui s’y intéresse est plus susceptible d’aller ailleurs, à la bibliothèque et ainsi de suite… J’ai confiance que ça va fonctionner. »
Une collaboration avec les écoles a été nécessaire pour la construction de ces maisonnettes. La classe de Pierre Veilleux, en 9e année de l’École secondaire catholique de Hearst, en a construit six et deux autres ont été faites en collaboration avec les classes de l’élémentaire de l’école Passeport Jeunesse et du Club Action.

L’avenir du livre

Depuis quelques années, les amateurs de littérature ont la possibilité de lire sur leur ordinateur ou leur tablette. Certains éditeurs se sont méfiés de ce compétiteur redoutable. Il y a eu des ajustements à faire, mais le bon livre papier semble se tirer d’affaire. « Au début on s’inquiétait, mais je pense que c’est une inquiétude qui est passée. Je pense qu’on s’aperçoit que ça change le domaine du livre, mais je pense que ça ne changera jamais le livre. Je crois que c’est au niveau de l’information, comme le journal, plutôt que le roman qu’on voit une différence. »