«Wow! Pas pire, hein, pour une petite fille», a lancé Amanda Simard après avoir été honorée du prix Champlain Fondateur de la Francophonie, remis à une personnalité de la région qui s’est distinguée pour son apport à la francophonie. L’expression «petite fille» faisait allusion au commentaire de l’ancien premier ministre Brian Mulroney à l’émission Tout le monde en parle, le 17 mars dernier.

La remise s’est déroulée le 30 mars dans le cadre du Gala de la francophonie, tenu au Centre des conférences d’Ottawa. Organisée pendant 18 ans par l’Association Richelieu Fondateur, l’édition 2019 a été mise sur pied par un groupe de 8 organismes francophones, à la suggestion de la Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO). «C’est vraiment un honneur pour moi de recevoir ce prix et ça me fait vraiment quelque chose de voir que le geste [de quitter le caucus du Parti progressiste-conservateur (PPC) de l’Ontario le 29 novembre 2018] a été reconnu. Je ne m’attendais pas à ça pendant la crise linguistique. Je voulais seulement faire ce que je croyais être la bonne chose à faire», a affirmé Mme Simard à L’Orléanais.

Présente à SOS Montfort

Afin de faire comprendre son geste à la foule, la députée est revenue sur sa présence au Grand ralliement SOS Montfort, alors qu’elle n’avait que 8 ans : «Nous étions devant l’ignorance et le manque de respect.» Malgré son jeune âge, elle dit avoir, à travers cette crise, compris à quel point les acquis des Franco-Ontariens étaient fragiles. Elle s’est montrée aussi très reconnaissante à tous ceux qui se sont battus pour obtenir ces acquis, qui lui ont permis d’étudier en français. Elle a, par la suite, parlé de son expérience en campagne électorale, où elle a dû défendre le PCC auprès de milliers de gens qui hésitaient à faire confiance à ce parti à l’origine de SOS Montfort et, plus loin encore, du Règlement 17 : «Je les rassurais. Ils pouvaient me faire confiance. J’étais avec eux et je serais leur voix.» Sa fierté d’être la première représentante du PPC élue dans la circonscription en 40 ans s’est dissipée à peine 5 mois plus tard : «Encore une fois, nous étions devant l’ignorance et le manque de respect. Je suis la représentante de Glengarry-Prescott-Russell à Queen’s Park et non la représentante d’un parti à Glengarry-Prescott-Russell.» Mme Simard est consciente que son geste peut servir d’exemple aux jeunes Franco-Ontariens : «Tout comme moi, j’ai eu des modèles durant ma jeunesse. J’espère que mon geste va encourager les jeunes à s’affirmer, à se tenir debout, à rester avec leurs valeurs, de croire en eux et à s’afficher en français», a-t-elle déclaré à L’Orléanais.