La dernière visite en date fut pour Marthe Dallaire (MD), nonagénaire restée active de plus d’une façon. Elle vit en retrait de la ville, sur la route menant au Lac Ste-Thérèse, et a échangé avec le journal récemment.

LN : Vous avez toujours vécu dans la communauté? MD : Non, non. Je suis née à St-Isidore, à environ 18 milles de la ville de Lévis, à Québec. Quand je me suis mariée en 1952, mes parents quittaient le Québec pour aller en Alberta. Je suis arrivée en 1955, parce que mon mari est venu travailler ici. On avait déjà deux garçons quand on est arrivés et les deux autres sont nés à Hearst. J’ai travaillé chez nous, je m’occupais de mes enfants après, de mes petits-enfants. LN : Aviez-vous d’autres activités quelconques? MD : J’ai toujours aimé l’artisanat : j’ai fait la couture et le tricot que j’aime beaucoup, mais je ne fais plus de gros projets. J’ai toujours un tricot qui m’attend, pour une écharpe ou des choses que je veux donner à la Croix-Rouge, ou un mot croisé. J’aime bien les casse-têtes aussi, mais la musique c’est le numéro 1! LN : Vous en jouez depuis quand? MD : Ah mon Dieu… l’orgue pour les messes au Foyer des Pionniers là, depuis 89 quand mon mari est entré et que j’allais le visiter, ça fait dix ans. J’ai joué longtemps à St-Pie X. Chez nous, maman était organiste et la musique a toujours fait partie de notre vie. Je connaissais la théorie, mais je n’avais pas la pratique. Ça, je l’ai commencé vraiment en 1974, quand j’ai acheté mon orgue. C’est là que j’ai réussi à pratiquer plus, je connaissais la valeur des notes et la théorie. J’aime la musique, c’est une passion. J’ai un peu appris avec ma mère, mais surtout dans les livres que j’avais. Un de mes fils joue de la guitare. LN : Qu’est-ce que ça vous apporte, la musique? MD : Ah la musique… c’est un bonheur. Et quand tu ne sais pas trop là, t’as des p’tits problèmes ou des p’tites inquiétudes, tu t’en vas à ta musique, et tout s’arrange. On dirait que ton âme, ton cœur parlent dans la musique. Le jour que je ne pourrai plus faire de la musique là, hum… ça va être difficile pour moi. J’aimerais toujours continuer à jouer de l’orgue pour les messes. En janvier l’année passée, je me suis cassé une jambe et pendant un mois et demi, je ne suis pas allée. Après, j’ai recommencé. Comme j’ai dit à un patient, ma jambe était cassée, mais mes doigts non, ça ne reste pas tranquille mes doigts. Ma mère avait 94 ans qu’elle tricotait encore, moi j’ai 90. Mais j’ai ralenti pour les messes; en tout cas, je mets tout ça dans les mains du Bon Dieu! LN : Un dernier mot, quelque chose à partager avec les jeunes? MD : Il faut être optimiste et il faut toujours voir le bon côté des choses!