Allez comprendre pourquoi le rose est la couleur réservée aux femmes alors que leur vie est trop souvent loin de l’être. L’un des fléaux qui les menacent est bien la violence, et ce, sous toutes les formes. Trop souvent par le simple fait d’être une femme. Trop souvent aussi par un conjoint ou quelqu’un de la famille.

Sur la rue Front cohabitent trois programmes différents : les Services de Counseling en santé mentale, financés par le R-LISS; Habitat Interlude, offrant, entre autres, de l’hébergement sécuritaire en contexte de violence familiale financé par le ministère des Services sociaux et communautaires; et les Services aux victimes d’actes criminels et de circonstances tragiques, programme financé par le ministère du Procureur général, qui existe depuis 13 ans dans la communauté. Celui-ci est coiffé par une conseillère communautaire assistée de bénévoles formées pour le travail à exécuter sur une base confidentielle, d’où la non-publication de noms et de photos pour raison de sécurité. Les Services aux victimes prêtent assistance 24/7 (violence familiale, agressions diverses, voies de fait, homicides…) en première ligne, puis orientent la personne vers les agences concernées selon la nature de l’incident ou les besoins déterminés, au plus après 72 heures, selon la conseillère communautaire. La prise en charge est déclenchée par un appel de la PPO, par le service des urgences de l’hôpital ou par les victimes elles-mêmes, à raison d’environ cinq appels par semaine, concernant des femmes à 85 %. De ce groupe, 50 % sont des autochtones. Par contre, si des enfants de moins de 16 ans sont en cause, les cas sont rapidement confiés à Habitat Interlude.
Des divers types de violence que subissent les femmes de la communauté, la violence familiale se positionne en tête, avec des cas qui se répètent pour les mêmes victimes, toujours d’après la conseillère. En amont de ces situations, on trouve comme cause surtout l’alcool, la drogue, bref la consommation de substances diverses, et conséquemment des chicanes qui dégénèrent en violence physique. Un fait nettement moins connu est l’existence de la traite des personnes dans notre communauté aussi, toujours selon la responsable des Services aux victimes. Elle concerne tant des personnes vivant ici qui ont été contraintes que d’autres qui passent par Hearst en route vers Calgary, par exemple, qui s’échappent d’un véhicule ou d’un motel. On ne peut pas encore dire qu’il y a beaucoup de cas, mais la tendance est à la hausse, et à Hearst cette situation est liée à la dépendance aux drogues des personnes en cause, surtout des jeunes femmes, qui se retrouvent sous la coupe d’un groomer. Dans plusieurs cas, ces victimes sont identifiées (brandées) comme cela se fait pour des animaux, puisqu’elles deviennent des propriétés privées. Là aussi, plusieurs niveaux d’aide sont offerts par les Services aux victimes, que ce soit pour enlever cette identification, pour un hébergement, pour du transport ou pour une thérapie, par exemple. Et non, cela ne se passe pas seulement à Toronto. Et non, ce ne sont pas uniquement des étrangères enfermées dans des caves. Et oui, ici à Hearst aussi. Tant et si bien qu’une conférence sur ce thème aura lieu le 27 mars prochain à Kapuskasing, avec le témoignage d’une victime à l’appui.
On peut toujours continuer, si on veut, à chanter La vie en rose si on s’informe et si on ouvre l’œil autour de soi. La ligne de crise des Services aux victimes répond 24/7 au (1-877) 264-4208.