Quand avez-vous entendu pour la dernière fois de bonnes nouvelles dans les médias? Traiter l’information locale est la mission des médias communautaires. Seraient-ils les seuls qui puissent encore se permettre de communiquer de l’information positive, de l’information en toute simplicité? Est-il possible de cesser de rechercher à tout prix une grande audience, à travers ce qui est sensationnel ou ce qui fait vendre, et de mettre l’accent sur la nouvelle, l’article, la photo (ou le rapide!) qui renforcera l’estime de soi d’une personne?

Liberté éditoriale et indépendance. C’est ce qui permet aux journaux communautaires de sortir de la spirale médiatique qui nous inonde de drames, de guerres, d’actes de terrorisme — information indispensable, mais hélas aussi, hautement exploitée, triée et marketée par des autorités diverses.

Les médias communautaires, radio ou presse écrite, c’est ce qu’il nous reste en tant que société pour répandre un cercle vertueux et une spirale de changement grâce auxquels le monde tendra vers le meilleur, vers le positif. Les médias communautaires, sans toutefois délaisser l’information cruciale, ont la capacité de contrebalancer le concept d’élite. Oui, tout le monde peut avoir son heure de gloire dans l’Aurore. Tout le monde vous le dira. Pourquoi? Parce que le journal se veut le reflet de notre communauté. C’est à travers ses pages que nous nous reconnaissons. Nos médias relayent les histoires singulières des membres de notre communauté (défis, succès et moments anodins) qui marquent et forgent NOTRE histoire.

Le rôle du fédéral

Cette indépendance pourrait être soutenue davantage par les programmes fédéraux. En effet, quel meilleur atout dans le jeu politique que les preuves écrites du rayonnement des communautés, de la beauté de notre population? Au lieu de cela, Ottawa nous met des bâtons dans les roues à grands coups d’annonces d’aide aux médias. Il annonce des sommes faramineuses supposées venir en aide aux salles de nouvelles, mais n’annonce pas le retour des publicités dans les médias papier alors que la publicité est quasiment notre unique source de revenus. Des sommes incroyables sont annoncées, mais cet argent ne nous permet pas d’embaucher des journalistes. Il est plutôt mis en cage dans des systèmes de stages pour des jeunes sur lesquels presque personne ne postule : notre offre est ouverte depuis près de 9 mois! Nous avons ici des journalistes que nous ne pouvons pas embaucher, que nous discriminons sur la base de leur âge, même s’ils connaissent et savent faire rayonner notre communauté. Mais le fédéral souhaite porter sa gloire par son idée de formation de la jeunesse. Bravo, on encourage la professionnalisation des jeunes, mais de grâce, acceptez que ce soit une « bonne idée » pour les programmes jeunesse et les administrations qui les gèrent, pas forcément pour les médias!

Qu’il finance des programmes de formation postsecondaires en français dans le Nord et l’Ouest pour soutenir les jeunes, au lieu de tenter de combiner l’aide aux médias et aux jeunes d’un seul geste. Pouvons-nous comprendre qu’une personne de moins de 30 ans ne souhaite pas s’engager au Yukon pour 52 semaines? Le fédéral peut-il comprendre qu’une personne de plus de 30 ans puisse encore tirer profit d’un stage? Qu’en est-il de l’apprentissage à vie?

Les médias communautaires ont besoin de personnes motivées, peu importe leur âge, pour continuer à faire rayonner les communautés. Qu’on arrête de nous leurrer en combinant des programmes sans tenir compte des conséquences et des spécificités locales. Ce serait une nouvelle tellement positive que même les grands médias pourraient en parler, qui sait…