Depuis sa nomination le 28 décembre, la conseillère politique principale aux affaires francophones du gouvernement Ford, Marilissa Gosselin, rompt le silence pour la première fois en accordant une entrevue, le vendredi 11 janvier, à l’émission Le matin du Nord.

Originaire de Hearst, Mme Gosselin a accepté le rôle qui lui a été proposé par le premier ministre Doug Ford dans le but de pouvoir « faire avancer la francophonie ». Lors de son entrevue, elle ouvre la parade en réitérant les propos controversés de Denise Bombardier, qui déclarait le déclin de la francophonie hors Québec, en octobre dernier.

« Il y a eu une étincelle, un réveil, et ce réveil, ce n’est pas juste en Ontario, c’était partout au Canada, puis ça, ça énergisé la francophonie canadienne », déclare-t-elle. « J’ai l’intention de saisir ce moment-là pour créer des rapprochements entre les communautés, partout, ici en Ontario et ailleurs. »

Selon la nouvelle conseillère, il s’agit d’extraire le positif d’un événement « moins plaisant ».

Plus précisément, elle précise que son rôle consiste à « appuyer » le premier ministre Ford et la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, lorsqu’il est question d’établir des politiques qui touchent les francophones.

Pour la population

À savoir si le premier ministre ontarien a à cœur la communauté franco-ontarienne et s’il est au courant des enjeux l’entourant, Mme Gosselin répond par l’affirmative.

« Oui, il s’intéresse définitivement », dit-elle. « C’est un premier ministre qui est pour les gens. Je pense que c’est important de dire d’emblée que la décision d’appuyer sur le bouton pause pour le projet de l’université francophone est dans le même contexte que la pause pour trois autres universités anglophones. De dire que c’est une décision qui vient d’un gouvernement anti-francophones, c’est malhonnête. »

En ce qui concerne les décisions qui ont été prises par le gouvernement avant son arrivée, tel que l’annulation du financement de l’Université de l’Ontario français et l’abrogation du Commissariat aux services en français, la conseillère réitère l’argument financier des progressistes- conservateurs pour défendre les décisions. « L’énoncé économique c’est un premier pas pour remettre les finances de la province sur la bonne voie », raconte-t-elle. « On a été élu ce printemps pour faire ça. » Elle ajoute que la situation financière de la province est « alarmante ».

Quelles économies ?

Par contre, à plusieurs reprises depuis les annonces du 15 novembre, des chiffres sont présentés par la présidente du Conseil de planification de l’Université de l’Ontario français, Dyane Adam, démontrant que les économies avancées par le gouvernement sont presque inexistantes.De plus, le gouvernement fédéral a tendu la main pour aider à financer l’UOF.

« L’Université, c’est 85 millions (de dollars) de fonds de démarrage pour huit, neuf ans », déclarait Mme Adam lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle. « Le fédéral va contribuer au minimum à 50 %, ce qui donne 42 millions, soit 4,5 millions par année. Pour une province, cela signifie un dixième d’un pour cent du budget total. Vous me dites que c’est l’argumentaire économique qui justifie cela ? Non, c’est autre chose. »

Malgré cela, la nouvelle consultante de Doug Ford s’en tient à dire que la « réalité financière est la seule explication » pour toutes les décisions.

« C’est plein de petites décisions difficiles comme ça qui vont faire en sorte que les finances de la province vont être remises sur la bonne piste », annonce-t-elle.

Questionnée sur la décision de déménager les effectifs du CSF sous la direction de l’Ombudsman, action qui ne rapportera aucune économie à la province, Marilissa Gosselin explique qu’il s’agissait d’une tentative pour réaliser des économies et par la suite, renforcer le rôle du commissaire. Elle ajoute que même sous l’Ombudsman, le CSF conserve son indépendance ainsi que ses rôles d’enquête, de recommandation et de promotion du français.