La tique, qui peut être aussi petite qu’une graine de pavot, insère sa tête à l’intérieur de la peau humaine ou animale pour se nourrir de sang chaud, laissant certaines bactéries dont elle est porteuse, s’introduire dans le sang de la personne ou de l’animal qu’elle pique.

Pour que la maladie de Lyme se développe, il faut d’abord que la tique soit porteuse de la bactérie Borrelia burgdorferi, et que le système immunitaire du corps ne puisse pas chasser la bactérie.

Lire l’article intégral sur le site de La Voix acadienne…

Les tiques noires sont ici!

Mais l’Î.-P.-É. est-elle vraiment à risque? Le Lloyd Tick Lab à l’Université Mount Allison a analysé un total de 368 tiques envoyées par 11 cliniques vétérinaires de l’Î.-P.-É. entre octobre 2016 et janvier 2018.

Il se trouve que 98 % des tiques trouvées et analysées par le laboratoire étaient des tiques à pattes noires, et que 10 % de ce nombre étaient porteuses de la maladie de Lyme.

« Puisque les tiques noires sont présentes à l’Î.-P.-É. ça veut dire qu’il y a un risque, même si le nombre de tiques et le pourcentage de tiques infectées était plus bas qu’au Nouveau-Brunswick et qu’en Nouvelle-Écosse. Quand une tique vous pique, le risque est grand », explique la professeure Vett Lloyd.

Sur le total des tiques collectées par les cliniques vétérinaires de l’Île, 76 % avaient été trouvées sur des chiens, 21 % sur des chats, et 2 % seulement sur des humains.

« Les chiens ont plus de chances d’attraper des tiques que les humains, parce qu’ils sont plus petits et plus près du sol que les humains. Mais comme les chiens vivent avec les humains, ça veut dire que peu importe où votre chien a attrapé la tique, vous étiez aussi à risque », fait remarquer la chercheuse.

Un autre aspect de la recherche a permis de constater que 3 % des chiens qui avaient été piqués avaient contracté la maladie. Ce nombre peut sembler bas, mais les humains pourraient être plus à risque de développer la maladie de Lyme après une piqûre, puisque leur système immunitaire est moins fort que celui des chiens.

Pour le moment, on retrouve des tiques dans toutes les régions de l’Î.-P.-É., mais le nombre de tiques augmente lorsqu’on se rapproche de la Nouvelle-Écosse, province la plus à risque pour la maladie de Lyme au Canada. Les tiques, qui voyagent à vol d’oiseau, peuvent facilement passer d’une province à l’autre.

Cinq cas confirmés

Entre 2012 et 2017, cinq cas de maladie de Lyme ont été confirmés à l’Île-du-Prince-Édouard, fait savoir Dr Heather Morrison, médecin-hygiéniste en chef de la province. Toutefois, toutes les personnes infectées ont déclaré avoir voyagé à l’extérieur de l’Î.-P.-É. avant de contracter la maladie.

« La plupart du temps, si la tique est enlevée rapidement, dans les 24 heures suivant la piqûre, on diminue beaucoup le risque », affirme-t-elle.

Bien que le nombre de cas soit moins alarmant à l’Î.-P.-É. que dans d’autres provinces, Dr Heather Morrison assure que le gouvernement prend la situation en main et augmentera ses efforts de communication auprès des insulaires pour prévenir la maladie.

Dr Heather Morrison conseille entre autres de porter des vêtements longs et du chasse-moustique avant de sortir, et de faire une vérification de son corps après chaque activité à l’extérieur. Même après une promenade avec le chien.

Si vous trouvez une tique et qu’elle reste accrochée plus de 24 h, il est recommandé de l’apporter à la clinique pour la faire tester et d’être attentifs à de possibles symptômes.

Il est aussi possible d’envoyer une tique au Lloyd Tick Lab pour une analyse.