En vue des élections provinciales, l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), lors de son assemblée générale annuelle du 22 mars et à travers différents exercices de communication, a tenu des discussions avec ses membres afin d’identifier les enjeux prioritaires des agriculteurs francophones de l’Ontario. Parmi les points principaux soulevés, figurent :

Les défis technologiques ruraux

Les régions rurales, incluant le Nord et l’Est de la province, comportent des défis de connectivité Internet et d’accès au gaz naturel à souligner.

Ces deux éléments ont un impact sur la performance des entreprises agricoles. L’absence d’accès au gaz naturel entraîne des coûts de production plus élevés et diminue la rentabilité des fermes et, par le fait même, la capacité d’investissement.

L’absence de connexion à un réseau Internet à haute vitesse diminue la capacité d’innovation des fermes. Le développement d’application mobile et de technologies requérant la haute vitesse est exponentiel, mais la capacité d’utilisation de ces outils est limitée chez les entreprises agricoles.

La scolarité et la formation

La scolarisation en français dans le domaine de l’agriculture, au niveau secondaire, postsecondaire et du domaine de la formation des adultes, devrait être augmentée par le biais d’un meilleur financement, une meilleure offre et une meilleure promotion de l’éducation et de la formation en français.

Il y a un lien direct entre l’éducation et la contribution économique des producteurs à l’économie ontarienne et canadienne, ce qui justifie des investissements en éducation et en formation des adultes. Les intervenants présents impliqués dans le secteur de l’éducation ont fait part de taux de placement de 100 % avec de nombreux emplois non comblés. Les défis de main-d’œuvre seront sévères dans les prochaines années, tant pour les producteurs, que les fournisseurs et les autres acteurs de l’industrie agricole. Il est crucial pour la vitalité de notre communauté, des milieux ruraux et de l’économie de la province que notre main-d’œuvre et notre relève soient formées et outillées pour assurer le plein potentiel de nos fermes.

Les services en français

Les renseignements au sujet des divers programmes de financement fédéraux et provinciaux devraient être disponibles en français pour les producteurs et associations qui souhaitent faire une demande pour du financement.

Les ministères et agences gouvernementales, incluant les organismes, conseils et commissions du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario et autres entités du domaine et du domaine des services aux employeurs devraient tous offrir des services en français, entre autres à la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT), à Hydro One, et aux ministères provinciaux. On peut citer le succès de l’entité Agricorp à titre de modèle à suivre. Par contre, il demeure encore beaucoup de confusion quant à l’Agricultural Adaptation Council et de l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario, qui sont des organismes indépendants, mais qui gèrent des fonds fédéraux et provinciaux sans offrir de services de qualité dans les deux langues.

La valorisation de la profession

On devrait, dès le primaire et jusqu’au secondaire, valoriser la profession agricole en français, ses avantages au plan des carrières diversifiées et à salaire potentiellement élevé, tant dans le secteur privé que gouvernemental, tant en production qu’en services. La relation avec le consommateur doit être renforcie, mais également avec le citoyen afin de les amener à mieux comprendre la réalité agricole de 2018.

Une agriculture en santé qui nourrit les Ontariens trois fois par jour est un pilier important de la province en tant que tel, et qui devrait être démystifiée et valorisée.

La réponse des partis Cette liste de priorités a été envoyée aux trois chefs de parti.

Le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario a répondu dans une lettre où chacun des enjeux a été soulevé. Dans cette correspondance rédigée dans les deux langues officielles, le NPD a indiqué entre autres qu’il consacrerait 100 millions de dollars à l’élargissement des infrastructures de gaz naturel dans l’Ontario rural. La lettre est disponible dans la section nouvelle de l’UCFO (www.ucfo.ca)