Mission Rivière Rouge : c’est le titre que portera la prochaine bande dessinée à paraître en juillet de l’artiste fransaskois aux multiples facettes, Robert Freynet. Incursion sur une table à dessins foisonnant de projets.

L’artiste né à Saint-Boniface a plusieurs cordes à son arc. Sculpteur, cofondateur de la Maison des artistes favorisant la relève en arts plastiques dans sa ville natale, Robert Freynet aime aussi s’exposer aux passants par ses murales. Il y a de fortes chances que, si vous avez visité le Palais législatif du Manitoba, la cathédrale de Saint-Boniface ou le site historique Monseigneur-Taché à Sainte-Geneviève, vous en ayez vu une signée Robert Freynet. Mais il est aussi capable d’être dans sa bulle… avec les bandes dessinées qu’il produit. L’histoire le passionne particulièrement. À tel point que La Vérendrye et Louis Riel lui ont inspiré des bandes dessinées publiées aux Éditions Les Plaines.

Mais voilà que maintenant, c’est une maison d’édition française de Strasbourg qui imprimera Mission Rivière Rouge. Pourquoi les Éditions du Signe? Comme le souligne l’assistante d’édition jointe en France, Anne-Lise Hauchard, l’archidiocèse de Saint-Boniface avait des contacts au sein de cette maison d’édition spécialisée dans les ouvrages à consonance spirituelle ou religieuse.

Une bédé à saveur historique

Le sous-titre de la nouvelle bédé de Robert Freynet est L’histoire d’un peuple et de son Église. Est-ce essentiellement une bédé religieuse? Certes, elle met en scène l’arrivée à la Rivière Rouge, en 1818, de l’abbé Joseph-Norbert Provencher, curé de la paroisse de Kamouraska au Québec. Lui et deux acolytes avaient été chargés par l’évêque de Québec de l’époque, Mgr Plessis, d’apporter leur soutien spirituel à la nouvelle colonie. Mais Mission Rivière Rouge, pour Robert Freynet, ce sont aussi des cases destinées à découvrir « la traite des fourrures, les voyageurs, la chasse au bison sur la prairie, l’épopée des Métis et des Premières Nations, la fondation de la province du Manitoba. » D’ailleurs, les Éditions des Plaines assureront au Canada l’édition et la distribution de l’œuvre, qui aura pris un an de travail à l’artiste.

C’était important pour celui-ci de parler de cette facette de la francophonie manitobaine? « L’année 2018 marque l’établissement d’une présence permanente de l’Église catholique à la porte du grand Nord-Ouest, un développement important pour la suite des choses. Étant donné un clergé francophone engagé, l’Église était partie prenante des évènements historiques qui ont marqué l’histoire colorée de l’Ouest canadien. »

Sur la table de dessins

Le lancement grand public de juillet n’est pas encore arrivé que l’auteur planche déjà sur une autre production qu’il avait laissée de côté pour se concentrer sur Mission Rivière Rouge. Voyageurs des Prairies mettra en scène les aventures de Jean-Baptiste et Marie-Anne Lagimodière, couple mythique franco-manitobain, qui vécut à la Rivière-Rouge au 19e siècle. Le bédéiste explique que « Jean-Baptiste est le légendaire voyageur qui a inspiré le Festival du Voyageur à Saint-Boniface, et sa femme Marie-Anne, fut la première femme blanche à s’établir dans l’Ouest. »

Lui qui considère que le dessin doit primer en bédé et que le texte vient en complémentarité pour créer une synergie capable de « faire revivre chez le lecteur une situation humaine à une époque historique et un lieu lointain », estime-t-il qu’une bédé historique se construit comme un autre type de bédé, c’est à dire avec un certain ressort dramatique? « Que la bande dessinée soit historique ou fictive, c’est la mise en scène qui détermine si l’histoire est engageante : le plan, l’angle de vue, les effets graphiques, les séquences, éclairages, expressions, dialogue, courbe dramatique… tout est à inventer, avec art, pour mieux communiquer le contenu historique ou fictif. »

Après Mission Rivière-Rouge et Voyageurs des Prairies, quels seront les autres projets de Robert Freynet? « À l’horizon, une autre bande dessinée historique en collaboration avec un éditeur français… Il se peut très bien qu’au courant des prochains mois, je m’engage aussi dans mon autre domaine de prédilection, l’exécution d’une peinture murale dans un endroit public. J’aime bien d’ailleurs travailler dans ces deux ordres de grandeur, entre la petite case de la bande dessinée et la grande surface de la murale! »

PHOTO Mission Rivière Rouge. Image fournie par Robert Freynet.